Économie

Une idée « interdite par les traités européens » : le président de la Bundesbank s’oppose à l’annulation de la dette proposée par Jean-Luc Mélenchon

Une idée « interdite par les traités européens » : le président de la Bundesbank s’oppose à l’annulation de la dette proposée par Jean-Luc Mélenchon

Le rejet est ferme et sans appel. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, rencontré pour un entretien au Monde, s’oppose à la proposition du candidat de La France insoumise (LFI) à la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon, d’annuler la partie de la dette de la France possédée par la Banque centrale européenne (BCE).

« Aucune banque centrale de l’eurosystème – ni la BCE – n’a le droit d’annuler la dette d’un Etat, explique-t-il. Cela constituerait un financement monétaire des gouvernements, ce qui est interdit par les traités européens. » Pour lui, « une telle mesure ouvrirait une boîte de Pandore », pouvant mener à terme à l’hyperinflation.

M. Nagel précise tenir ces propos sur le principe, et non pas directement en réponse à M. Mélenchon. Mais sa prise de position, en tant que président de la banque centrale allemande, et donc de membre du conseil des gouverneurs de la BCE, vient mettre à mal l’une des idées phares du leader « insoumis ».

M. Mélenchon propose que la dette de l’Etat qui est possédée par l’institution monétaire européenne – en l’occurrence, 18 % de la dette française – soit annulée. « C’est une dette à nous-mêmes, puisque nous sommes membre de l[a zone] euro », justifiait-il lors d’un débat entre les candidats à l’Elysée organisé par le Medef, le 27 août. Il ajoutait qu’il n’était pas question de réaliser cette annulation « tout seul », mais d’avoir « une proposition européenne » pour faire de même dans tous les pays de l’union monétaire. « Je prends le pari que je trouverai des alliés en Europe, notamment dans les pays latins, et sans doute aussi les Allemands, qui viennent de passer les 3 % de déficit », continuait-il.

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