Deux gendarmes ont été mis en examen pour homicide involontaire dans l’affaire Claude Jean-Pierre, du nom du sexagénaire guadeloupéen dont la mort après un contrôle routier en 2020 avait provoqué une vive émotion, a déclaré, vendredi 28 août, le parquet de Basse-Terre.
« Les deux gendarmes ont été mis en examen dans ce dossier sous qualification d’homicide involontaire », a affirmé la procureure Stéphanie Bazart à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information des proches du défunt publiée sur les réseaux sociaux.
Les deux gendarmes, mutés hors de Guadeloupe depuis les faits, nés « l’un en 1994 et le second en 1968 », se sont déplacés dans l’archipel pour l’audition, a-t-elle précisé. Ils se trouvaient jusqu’alors sous le statut de témoins assistés.
Fin 2020, Claude Jean-Pierre, 67 ans, est tombé inanimé à Deshaies après avoir été extrait de son véhicule lors d’un contrôle routier. Il est mort plusieurs jours plus tard, au centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre.
Vif émoi en Guadeloupe
Le sexagénaire avait été contrôlé par deux gendarmes pour « une conduite hésitante », avait précisé le parquet quelques semaines plus tard. L’homme, « alcoolisé », était sorti du véhicule « en résistant » et s’était retrouvé « au sol, inerte », selon la même source.
La mort de Claude Jean-Pierre a suscité un vif émoi en Guadeloupe, notamment après la diffusion partielle, en 2021, d’images de vidéosurveillance, normalement couvertes par le secret de l’instruction. On y voit les gendarmes extraire brusquement l’homme de son véhicule et sa tête heurter l’habitacle.
« L’objet du dossier est de vérifier que ce mode d’interpellation était le bon » avait déclaré à l’AFP, en janvier 2021, Xavier Sicot, le procureur de l’époque. Il avait alors ajouté qu’« aucun coup volontaire des gendarmes [n’était] observé » dans la vidéo.
En février 2023, le procureur avait requis un non-lieu, réquisitions qui ont finalement été suivies par de nouveaux actes, au soulagement de la famille.