C’est une déclaration tout en euphémisme qui pourrait pourtant signifier la chute d’un mastodonte du basket français. La recommandation du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) « n’est pas favorable à l’AS Monaco basket », a déclaré Xavier Le Cerf Galle, avocat du club de la Principauté, vendredi 28 août à l’Agence France-Presse.
Chargé de se prononcer sur l’exclusion des divisions professionnelles prononcée le 3 juillet par la Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion (DNCCG), et confirmée par la chambre d’appel fédérale de la Fédération française de basket (FFBB), le CNOSF s’est dit favorable à cette sanction à l’égard du champion de Betclic Elite (première division) en titre.
La DNCCG avait motivé son refus d’engagement en première et deuxième divisions (Elite 2) par « l’absence de garantie suffisante sur la viabilité économique du club » et « l’état d’avancement [insuffisant] des dossiers de reprise du club ». La chambre d’appel avait, elle, estimé que le club n’avait « pas été en mesure de produire les documents sollicités dans les délais impartis », dans le cadre d’un plan de reprise proposé par Helen Holdings, fonds d’investissement américain incarné par l’ancien joueur de NBA Jamal Mashburn.
Lors d’une audience de conciliation, mardi 25 août, le club monégasque avait indiqué avoir obtenu l’arrivée d’un nouvel investisseur prêt à injecter 10 millions d’euros. Un apport financier censé compenser les dettes contractées auprès de l’Euroligue – la compétition européenne de basket la plus prestigieuse – et la « luxury tax » imposée par la Ligue nationale de basket pour sanctionner le dépassement du plafond de salaires partagé par l’ensemble du championnat français.
Le club a saisi le bureau fédéral de la FFBB
En réaction à la recommandation du CNOSF, l’AS Monaco basket a annoncé, vendredi, avoir saisi le bureau fédéral de la FFBB, en demandant un « réexamen de sa situation par la chambre fédérale d’appel » afin de tenir compte d’« éléments nouveaux consistant en l’entrée au capital d’un industriel européen » susceptible de conduire au « désendettement total du club ».
Soumis à de nombreuses blessures et au départ de plusieurs joueurs ainsi que de l’entraîneur Vassilis Spanoulis, le finaliste de l’Euroligue 2025 a terminé la saison avec un effectif décimé, mais avec comme symbole le retour pour l’ultime match de championnat de la star Mike James, pourtant gréviste depuis le début des playoffs.
Reléguée en Eurocoupe – le deuxième niveau des compétitions européennes – par les décideurs de l’Euroligue, et avant même d’être recalée des championnats nationaux de première et deuxième divisions, la Roca Team avait vu la plupart de ses pensionnaires quitter la Principauté à l’issue de l’exercice 2025-2026, malgré un titre national remporté en finale aux dépens du Paris Basketball. Un trophée qui paraît déjà bien loin.