La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé, lundi 21 septembre, au gouvernement de déposer un amendement visant à étendre l’accès au parcours de soins aux adultes victimes de violences sexuelles et d’inceste durant leur enfance.
Alors que l’Assemblée nationale a commencé, lundi, à examiner en commission la loi « intégrale contre les violences sexistes et sexuelles » (VSS), la Ciivise regrette dans un communiqué que son avis sur le parcours de soins « n’a[it] pas été pris en considération dans le cadre du travail d’élaboration du texte ».
« Bien que la consécration légale, à l’article 55 de cette proposition de loi, d’un parcours de soins coordonné du psychotraumatisme pris en charge par l’Assurance-maladie constitue une avancée saluée par la commission, la version actuelle du texte demeure incomplète et en décalage avec la réalité clinique du terrain », note-t-elle.
Un enfant sur dix touché
« En restreignant ce dispositif aux seuls mineurs, le texte exclut, en effet, l’ensemble des personnes majeures ayant été victimes de violences sexuelles et d’inceste durant leur enfance », souligne-t-elle.
« Le dévoilement des violences et la recherche de soins spécialisés interviennent majoritairement à l’âge adulte, en moyenne autour de 44 ans, sous l’effet des mécanismes d’amnésie traumatique, de honte et d’emprise », rappelle la commission, qui a auditionné plus de 30 000 victimes lors de ses travaux.
Née en 2021 dans le sillage des révélations du livre de Camille Kouchner La Familia Grande, la Ciivise, menée à l’origine par le juge des enfants Edouard Durand, a levé un tabou : les violences sexuelles touchent, selon elle, un enfant sur dix.
Elle a recueilli 30 000 témoignages, alerté sur les défaillances des institutions et formulé 82 recommandations pour protéger les enfants et accompagner les adultes qui en ont été victimes. Elle avait été reconduite au début de 2024 par le gouvernement, mais sans l’emblématique juge Edouard Durand qui la présidait.