« Il est courant d’avoir quelques semaines compliquées en été. Mais cette année, nous avons enchaîné trois mois extrêmement difficiles. » Depuis dix-neuf ans qu’il produit du fromage fermier à Saint-Flour (Cantal) en appellation d’origine protégée (AOP) bleu d’Auvergne, Nicolas Cussac, président de l’AOP bleu d’Auvergne, n’avait jamais connu pareille estive.
D’habitude, ses 90 vaches laitières ont toujours de quoi brouter dans ses prairies, dont certaines sont situées à 1 100 mètres d’altitude, ce qui lui permet de limiter les compléments de foin. Mais cet été, avec les canicules en série et la sécheresse, il a dû les descendre du pâturage avant la fin juillet : « L’herbe était grillée, et les points d’abreuvement s’étaient taris, raconte l’éleveur, épuisé par cette chaleur et inquiet des conséquences pour le secteur. Si cela se répète l’an prochain, ce sera la catastrophe. »
Pour les producteurs de lait et de fromage, l’été 2026 ressemble à celui qu’avaient connu leurs parents ou grands-parents lors de la grande sécheresse de 1976 : plus une herbe dans les prés et des stocks de foin qui diminuent au risque de devoir entamer les réserves prévues pour l’hiver. « Certains producteurs ont dû commencer à distribuer des fourrages extrêmement tôt, autour du 10 juillet. Et toutes les régions sont touchées, ce qui est encore plus inhabituel », souligne Hubert Dubien, éleveur laitier pour l’AOP fourme de Montbrison (Loire) et président du Conseil national des appellations d’origine, le comité qui regroupe les organismes de défense et de gestion (ODG) des 51 AOP laitières françaises.
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