Les spectateurs du Letzigrund de Zurich (Suisse) ont vécu, jeudi 27 août, une soirée de légende lors du meeting comptant pour la Ligue de diamant. Dans des conditions météorologiques parfaites – une vingtaine de degrés au thermomètre et un vent quasiment nul –, le spectacle a été permanent.
Alison dos Santos a été le premier à allumer la mèche en début de programme, avec un inattendu coup de tonnerre. Sur le 400 m haies, le Brésilien de 26 ans a effacé le record du monde que le Norvégien Karsten Warholm avait établi il y a un peu plus de cinq ans à Tokyo, en finale olympique, lors d’une course qui était déjà entrée dans la légende.
En 45 s 80, Dos Santos a amélioré de 14 centièmes de seconde la marque de Warholm (45 s 94), deuxième jeudi soir (46 s 69) et relégué au rôle de spectateur de la course menée sur un rythme fou dès le début par l’athlète brésilien. Triple champion du monde de la distance (2017, 2019, 2023) et champion olympique 2021, Warholm a perdu ses quatre affrontements directs avec Dos Santos cette saison.
« La foule et l’ambiance étaient parfaites, a réagi le Brésilien après sa course. Je pense que cette soirée a été extraordinaire. J’espère que le Brésil s’est arrêté pour suivre ça autant que les gens ici, dans le stade. Je n’ai pas de mots pour expliquer ce qui s’est passé, si ce n’est que je viens de battre le record du monde. »
Duplantis poussé dans ses retranchements
Une quarantaine de minutes après la sensation Dos Santos, c’est l’Américaine Masai Russell qui a enflammé le stade avec le record du monde du 100 m haies, qu’elle a amélioré de 3 centièmes de seconde en 12 s 09, avec un vent nul sur la ligne droite. Ce record sur les haies hautes chez les femmes tenait depuis la finale des Mondiaux 2022 à Eugene (Etats-Unis, Oregon), qui avait permis à la Nigériane Tobi Amusan de décrocher la médaille d’or. « J’ai rêvé de ce moment pendant si longtemps », a savouré l’Américaine après la course.
Les deux records du monde de la soirée ont été battus en présence des précédents détenteurs. Le perchiste grec Emmanouil Karalis a tenté une même performance face au maître de la discipline, le Suédois Armand Duplantis.
Pour la première fois dans l’histoire de la perche, deux athlètes ont franchi dans un même concours 6,20 m ou plus. En passant cette barre à son premier essai, Karalis a non seulement amélioré son record personnel de trois centimètres, mais a aussi poussé « Mondo » Duplantis dans ses retranchements. Le Suédois, après avoir fait l’impasse à 6,20 m, a franchi 6,25 m à sa première tentative pour s’installer en tête du concours.
Les deux perchistes se sont attaqués à 6,32 mètres, soit un centimètre de mieux que le record du monde, que Duplantis avait réalisé le 12 mars 2026 chez lui, à Upsala, en salle (6,31 m).
Inséparables, ils ont échoué tous les deux à trois reprises, ce qui a permis néanmoins à Duplantis de s’imposer dans ce concours à très haute altitude, qui en appelle peut-être d’autres d’ici à la fin de la saison, avec la finale de la Ligue de diamant, à Bruxelles, et les championnats Ultimate, à Budapest.
Le record du 800 m féminin tient encore
Le feu d’artifice de la soirée zurichoise était prévu pour le 800 m féminin, et la Suissesse Audrey Werro s’est encore rapprochée du plus vieux record du monde de l’athlétisme, détenu par la Tchécoslovaque Jarmila Kratochvilova en 1 min 53 s 28.
La récente championne d’Europe du double tour de piste s’est imposée en 1 min 53 s 70, son troisième chrono de la saison sous la barre mythique des 1 min 54 que seules deux athlètes ont brisée dans les années 1980.
Dans un meeting d’une incroyable densité, la championne olympique du 100 m, Julien Alfred, a pris sa revanche sur l’Américaine Melissa Jefferson-Wooden en s’imposant en 10 s 70, les deux athlètes étant départagées au millième de seconde. Une soirée folle, on vous dit.