L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Une parenthèse de dix ans nous sépare de The Neon Demon (2016), le précédent film de Nicolas Winding Refn, cinéaste danois ayant acquis une dimension internationale par sa relecture ultra-stylisée du cinéma de genre. Entretemps, le réalisateur a connu des aventures diverses du côté des plateformes (les séries Too Old To Die Young, en 2019, et Copenhagen Cowboy, en 2023), et a surtout frôlé la mort à la suite à une insuffisance cardiaque.
De son propre aveu, Her Private Hell, qui marque son retour sur grand écran, procède directement de cette expérience de mort imminente. Et de fait, cette livraison semble tout du long flotter dans les limbes, recouverts de brumes intégrales que vient percer sa jeune héroïne dès les premiers plans.
Dans une cité futuriste, Elle (Sophie Thatcher) rejoint le grand hôtel où doit se tourner un space opera, dont elle tient le premier rôle parmi d’autres nymphettes, et dont son propre père (Dougray Scott) est le réalisateur – toutes l’appellent « Daddy » (Papa). Mais l’hôtel revêt bientôt une dimension labyrinthique, où Elle déambule parmi d’étranges présences. D’un côté rôde le Leatherman, un tueur ganté qui s’en prend aux jeunes filles. De l’autre, un soldat américain jamais revenu de la guerre du Pacifique (Charles Melton, révélé dans May December de Todd Haynes, en 2024). L’un et l’autre incarnent comme les mythes antagonistes de la paternité : tantôt prédatrice, tantôt rédemptrice.
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