Culture

Autodestructions artistiques

Autodestructions artistiques

Sur le bas d’un mur d’un des escaliers d’accès au pont de Waterloo, à Londres, est apparue un matin de 2002 la silhouette en noir et blanc et à taille réelle d’une fillette les cheveux au vent, la main tendue vers un ballon rouge en forme de cœur dont le fil lui échappe. Ni vraiment poignante ni complètement mièvre, l’image, ancrée dans le paysage urbain, a son charme mélancolique. Dès lors, les Britanniques vont suivre les aventures de plus en plus audacieuses et contestataires de celui qui va devenir la figure de proue de la mouvance street art : Banksy. Un artiste capable de déployer une créativité hors normes à partir d’un arsenal limité – des pochoirs, des bombes de couleur (mais avant tout le noir), l’anonymat et les actions surprises dans des lieux parfaitement ciblés.

Image somme toute convenue, comparé à ce qui va suivre – pieds de nez humoristiques et critiques acerbes sur l’époque, ses travers et hypocrisies avec, toujours, une touche de poésie ou d’humour noir – Girl with Balloon est devenue une icône. Au point d’être adjugée 1,042 million de livres (environ 1,2 million d’euros), bien au-delà des estimations et un record pour une œuvre de l’artiste, pour une simple version sur toile, le 5 octobre 2018, lors d’une vente chez Sotheby’s à Londres.

Il vous reste 64.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous avez peut-être manqué