La Ville de Paris a annoncé, samedi 22 août, « la mise à l’abri de l’ensemble des 253 personnes », des migrants essentiellement, « installées devant la mairie de Paris Centre », suite à « l’évacuation forcée » par l’Etat d’un campement dans l’enceinte du Samusocial.
Le campement, situé à proximité du quartier touristique du Marais, abritait quelque 400 personnes, dont des étrangers en situation régulière et des sans-papiers, pour certains évacués il y a plus d’une semaine du camp de fortune du Samusocial, dans le 13e arrondissement. Une situation pointée du doigt par les associations qui fustigent régulièrement le manque d’hébergement d’urgence dans la capitale.
« La Ville de Paris annonce aujourd’hui l’engagement de la mise à l’abri de l’ensemble des personnes présentes sur ce site », affirme samedi la mairie dans un communiqué. « L’ensemble des personnes installées sur le parvis de la mairie de Paris Centre sont désormais mises à l’abri au sein de gymnases de la Ville », ajoute la mairie, « jusqu’à ce que les services de l’Etat, dont c’est la responsabilité légale et morale, leur proposent une solution pérenne ».
« Je ne peux pas accepter que Paris se substitue indéfiniment à l’Etat »
Mi-août, le campement sur le site du Samusocial qui avait rassemblé jusqu’à 450 sans-abri a été évacué par les forces de l’ordre. « Toutes les personnes présentes sur le site du Samusocial ce matin ont reçu une proposition d’hébergement », avait alors assuré la préfecture de police, mais « certains occupants n’ont pas souhaité bénéficier des solutions proposées et se retrouvent désormais à la rue, en pleine canicule ».
Les préfectures de police et de la région Ile-de-France avaient justifié leur décision en raison de la proximité du campement avec la route et un trafic « particulièrement dense ». Les autorités pointaient aussi des « conditions d’hygiène » devenues « particulièrement préoccupantes » avec un « accès totalement insuffisant à l’eau et aux toilettes ».
« Je refuse que des familles et des enfants soient remis à la rue sans solution et j’ai donc pris mes responsabilités en mobilisant les moyens de la Ville pour mettre à l’abri ce matin 253 personnes », déclare le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, cité dans le communiqué. « Je ne peux pas accepter que Paris se substitue indéfiniment à l’Etat, alors même que l’hébergement d’urgence relève de sa responsabilité et que 300 places ont été récemment supprimées », prévient en outre l’élu socialiste.