Une famille évangélique roumaine s’installe en Norvège, pays d’origine de la mère. De simples suspicions de maltraitance sur leurs enfants par les services sociaux vont transformer leur séjour en enfer et séparer les parents de leurs enfants. Le cinéaste Cristian Mungiu, fidèle à une méthode éprouvée, donne vie à un drame né des mutations politiques et sociétales contemporaines. Fjord, en salle depuis mercredi 19 août, est en l’espèce la confrontation d’une vision traditionaliste et religieuse qui affirme un principe parental d’autorité et d’une conception laïque et progressiste qui subordonne, le cas échéant, l’autorité parentale à celle de l’Etat.
Le fait divers qui inspire le film date de 2016. Pourquoi et comment vous en êtes-vous saisi ?
Cette histoire avait fait grand bruit en Roumanie. Le camp conservateur s’en était emparé pour mettre en en œuvre un référendum sur la définition de la famille. Après, je préfère toujours laisser passer du temps pour que les choses se décantent et que je puisse y réfléchir sérieusement, avant de me décider à en faire un sujet de film. Cela m’a permis de me rendre compte que cet incident n’était pas isolé, que de nombreuses plaintes d’Etats étrangers visaient la Norvège pour des cas semblables.
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