Lundi 31 août, alors que le festival Visa pour l’image venait de s’ouvrir à Perpignan, la mort de son fondateur et directeur depuis 1989, Jean-François Leroy, a bouleversé le monde du photojournalisme. « C’est une tristesse et un choc énormes chez les photographes, résumait Olivier Laurent, directeur de la photo pour le quotidien The Washington Post. Avec Jean-François Leroy, c’est notre plus grand allié qui est mort, le plus grand fan de photojournalisme qui soit. Qu’on ait ou pas apprécié ses choix, il avait créé et nourri cette communauté. A Visa, les photographes ont été exposés, ont trouvé des commandes, ont tissé des amitiés. Pour moi, c’est là, en rencontrant des photographes, que j’ai compris que je ferai du photojournalisme le cœur de mon métier. »
Lors de la première projection du lundi soir au festival, devant un Campo Santo plein à ras bord, la directrice générale, Delphine Lelu, complice durant vingt-sept ans de Jean-François Leroy, lui a rendu un hommage sobre sur scène et a insisté sur les liens étroits entre le fondateur et la ville de Perpignan. La gorge serrée et le souffle court, devant l’écran affichant la photographie de Stephan Vanfleteren, qui le montre bravache, faisant un doigt d’honneur, elle a noté avec un mince sourire : « Il a eu la bonne ou la mauvaise idée de prendre le même ascenseur que monsieur Edouard Balladur… L’équipe de Visa pour l’image dont il était si fier est submergée par l’émotion, mais nous sommes soudés et prêts à continuer le festival dans le respect des valeurs qu’il a défendues. » La directrice a précisé au Monde : « Un grand hommage à Jean-François aura lieu en 2027, et il sera à son image, flamboyant ! »
Il vous reste 74.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.