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Surpopulation carcérale : au 1ᵉʳ août, le nombre de détenus dans les prisons françaises atteint 89 668, un chiffre inédit

Surpopulation carcérale : au 1ᵉʳ août, le nombre de détenus dans les prisons françaises atteint 89 668, un chiffre inédit

Les prisons françaises comptaient 89 668 détenus au 1er août, un chiffre sans précédent, dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les statistiques officielles du ministère de la justice consultées mardi 1er septembre par l’Agence France-Presse.

Cela représente une augmentation du nombre de détenus de 6,5 % sur un an. Le nombre de places opérationnelles était au 1er août de 63 303 (+ 1,5 % sur un an), et celui de matelas posés au sol, faute de lits, s’est établi à 7 956, en hausse de 43,5 % sur un an. La densité carcérale était de 175 % dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux d’occupation globale était de 141,6 % au 1ᵉʳ août.

Surveillants comme directeurs de prison alertent sans relâche sur un système pénitentiaire au bord de l’explosion. En début d’année, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.

Un des plus mauvais élèves en Europe

La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, avait pour sa part déploré l’absence de « mesure d’envergure nationale » pour enrayer la surpopulation carcérale, dans un avis publié au Journal officiel début juillet.

Le ministère de la justice entend ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, réputées moins chères et plus rapides à construire, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

« La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines », alertait cependant Dominique Simonnot dans son avis. « Les dispositifs d’aménagement de peine et les alternatives à l’incarcération, bien qu’indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en œuvre restrictives », ajoutait-elle.

La France est, avec la Turquie, le plus mauvais élève en Europe en matière de densité carcérale (131 personnes détenues pour 100 places). Suivent la Croatie (123) et l’Italie (121), selon les chiffres de 2025 du Conseil de l’Europe.

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