Culture

La mairie de Deauville désavouée par la justice après le retrait d’une photo de Gaza d’un festival

La mairie de Deauville désavouée par la justice après le retrait d’une photo de Gaza d’un festival

Le tribunal administratif de Caen a suspendu, lundi 31 août, la décision de la mairie de Deauville de retirer une photo de Gaza exposée au Deauville Sport Images Festival, selon l’Agence France-Presse (AFP) qui a pris connaissance de l’ordonnance du juge des référés.

Pris par le photojournaliste gazaoui Jehad Alshrafi pour l’agence Associated Press, le cliché montre deux équipes de footballeurs s’affrontant sur une pelouse synthétique devant des spectateurs, au milieu d’immeubles complètement détruits par les bombardements de l’armée israélienne.

L’image avait été discrètement retirée courant août d’une place de Deauville où elle devait être exposée du 6 juin au 6 septembre, avec d’autres clichés, dans le cadre du Deauville Sport Images Festival sur les valeurs du sport.

Absence d’« une mesure nécessaire, adaptée et proportionnée »

L’Observatoire de la liberté de création (OLC), une association de la Ligue des droits de l’homme, avait intenté un référé liberté, examiné lundi au tribunal administratif, pour demander la réinstallation de l’œuvre dans les plus brefs délais.

L’avocate de la mairie de Deauville Marie-Thérèse Sur-Le Liboux a axé sa défense sur le risque de trouble à l’ordre public et sur un « déferlement de haine » observé par la municipalité sur les réseaux sociaux, sans pouvoir préciser ni la teneur de ces messages, ni sur quels réseaux ils ont été diffusés.

Le juge a estimé que la commune de Deauville ne faisait pas état d’incident ou de manifestation alors que l’exposition a débuté le 6 juin, le retrait de la photographie n’est donc pas « une mesure nécessaire, adaptée et proportionnée, prise en vue de la préservation de l’ordre public ». La mairie de Deauville a fait valoir devant le tribunal qu’il fallait six jours pour réimprimer la photo sur une nouvelle bâche avant de la réinstaller à son emplacement initial.

La présidente de l’OLC, Agnès Tricoire, a déclaré à l’AFP que « soit la bâche n’a pas été détruite » et la mairie peut « la reposer immédiatement, soit [les élus] la recommandent très vite et la réinstallent avant le 6 septembre ». Il serait, selon elle, « scandaleux de découvrir » que la photo « a été détruite, si c’est le cas nous n’en resterons pas là ».

Contactée par l’AFP, la mairie de Deauville n’a pas réagi à cette décision lundi soir.

Vous avez peut-être manqué