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Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : des milliers de manifestants défilent à Paris

Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : des milliers de manifestants défilent à Paris

Quelques milliers de personnes, dont des députés de gauche et des représentants de syndicats de magistrats, ont commencé à manifester dimanche 20 septembre à Paris contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre, qui revient, selon eux, à « un permis de tuer ».

« La police tue déjà (…), nous devons faire échouer cette loi » qui « ne doit pas être inscrite à l’ordre du jour du Sénat », a déclaré la députée insoumise (LFI) Mathilde Panot, quelques minutes avant le départ du cortège, place de République. « En République, il ne peut pas y avoir d’organisation d’impunité policière (…). En République, il ne peut y avoir une catégorie de citoyens qui a le droit de vie ou de mort sur d’autres citoyens », a-t-elle estimé.

« Non au permis de tuer, non à l’impunité », a lancé Samia El Khalfaoui, cofondatrice de l’association Stop aux violences d’État, avant d’égrener les prénoms de plusieurs jeunes, « la plupart issus des quartiers populaires », tombés sous les balles des forces de l’ordre. Aujourd’hui, ce « permis d’exécuter » veut « inverser la charge de la preuve », a estimé Amal Bentousi, sœur d’Amine, tué par un policier d’une balle dans le dos en 2012 en Seine-Saint-Denis.

Voté le 7 juillet dernier par les députés, le texte sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre prévoit que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi quand ils « font usage de leurs armes ». Il doit désormais être examiné par le Sénat.

Une pétition rassemble plus de 700 000 signatures

Une centaine de marches et de rassemblements sont prévus ce week-end en France, notamment à Marseille, Lyon, ou encore Lille, contre le texte. À Paris, plusieurs organisations comme Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme ou encore le Syndicat de la magistrature participaient à la marche.

Samedi, une trentaine d’actions, notamment à Lorient, Caen, Carcassonne, Rennes ou Annecy, ont mobilisé environ 13 500 manifestants, selon un décompte de la police. A Rennes, où 2 000 personnes ont manifesté, huit personnes ont été interpellées et trois policiers blessés à la suite de « jets de projectiles » sur la police, selon la préfecture d’Ille-et-Villaine.

Samedi, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a demandé aux préfets et aux responsables des forces de sécurité intérieure de faire preuve d’une « particulière vigilance » lors de ces manifestations, craignant des incidents.

Plus de 150 organisations, dont des collectifs locaux mais aussi des partis politiques comme le Parti socialiste, Les Écologistes ou La France insoumise, ont signé l’appel Stop aux violences d’État contre le texte. Une pétition contre cette loi a rassemblé 730 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, mais a été classée par les députés membres de la commission des lois en juillet.

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