Parrainage de dix parlementaires fin octobre, premier tour en janvier, vote par Internet et « candidat unique » début février : François Bayrou a détaillé, dimanche 20 septembre, les conditions de la primaire du « grand fleuve central » pour laquelle il plaide, à ce jour sans succès.
« Si nous ne sommes pas ensemble, ces forces qui se sont opposées pendant longtemps, des sociaux-démocrates aux gaullistes, en passant évidemment par tous les engagés au centre (…), il n’y a aucune chance que nous l’emportions » face à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon, a déclaré l’ancien premier ministre en clôture de la rentrée du MoDem à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse).
A Edouard Philippe, qui refuse toute primaire, et à Gabriel Attal, qui ne l’a jamais formellement écartée, M. Bayrou a adressé « un message personnel » : « Qu’est-ce que vous craignez ? Où est le problème ? (…) Vous serez choisi par les Français. Et vous aurez une légitimité supplémentaire. »
Et le patron du MoDem de détailler les conditions de sa primaire : « Un filtre évidemment nécessaire » pour y participer, à savoir le parrainage de dix parlementaires. Et « je propose qu’on le fasse avant la fin octobre ».
« Bêtises électorales »
« Après, on a deux mois pour qu’il y ait confrontation entre les uns et les autres, que les chaînes de télévision organisent des débats, qu’on organise des meetings. (…) Ça nous amène à la fin décembre, et puis on fait le premier tour en janvier, peut-être vers le 15 janvier, quelque chose comme ça », « par Internet », a développé l’ancien maire de Pau.
« On fait le deuxième tour quinze jours après. » Ainsi, « début février, les Français auront le candidat unique qu’ils attendent pour les rassurer et leur garantir que l’avenir du pays ne soit pas détruit par des bêtises électorales », a conclu M. Bayrou.
« Si on va au premier tour divisés (…), on sait que le deuxième tour ce sera le deuxième tour d’un extrême contre un autre extrême, donc une menace létale, mortelle pour notre pays ». « Donc on ne peut pas se permettre le luxe de la division au premier tour, donc il faut qu’on tranche la question de l’unité avant le premier tour », a-t-il insisté.
M. Bayrou a convié à la rentrée du MoDem un certain nombre de personnalités du centre gauche (Bernard Cazeneuve) au centre droit (Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand) et l’ancien commissaire européen Thierry Breton, qu’il a cité comme candidat potentiel et qui a été le seul à sembler endosser cette proposition de primaire.