Dans une lettre adressée mercredi 23 septembre aux acteurs du logement, réunis à Bordeaux pour le congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH), le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’engage à faire inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le projet de loi « relance logement », déjà voté par le Sénat.
Le premier ministre rappelle, dans cette lettre que Le Monde a consultée, que ce texte doit notamment permettre de « rapprocher la décision du terrain », en donnant davantage de responsabilités aux collectivités en matière de logement. « L’échelon local doit désormais être l’autorité “organisatrice de l’habitat” sur son territoire et pour l’attribution des logements sociaux », écrit Sébastien Lecornu.
Le projet de loi doit aussi intégrer « la simplification des règles d’urbanisme sur le modèle de Notre-Dame et des Jeux olympiques », ainsi qu’un troisième programme national de renouvellement urbain, « très attendu pour poursuivre la transformation des quartiers mais aussi des zones en déprise ».
« Le compte n’y est pas »
Dans sa lettre, Sébastien Lecornu revient plus largement sur la crise du logement, dont les premiers signes de reprise du secteur restent insuffisants. « Le compte n’y est pas pour atteindre les 400 000 logements par an dont le pays a besoin », écrit-il. Il attribue cette situation « en partie à des causes extérieures comme la guerre au Moyen-Orient, qui pèse sur les prix de l’énergie et donc des matériaux ». Il cite également les taux de crédit immobilier, « qui dépassent désormais les 4 % », ainsi que des « causes intérieures, que nous pouvons lever si tous les acteurs publics et privés se mobilisent conjointement ».
« La priorité sera donnée au logement social », assure le premier ministre. Il promet notamment de maintenir, dans le projet de loi de finances pour 2027, « les 500 millions d’euros consentis au logement social en 2026 ». Il annonce également « de nouvelles ressources » pour la construction de logements sociaux en outre-mer et un « bonus adaptation » destiné à mieux préparer les logements aux « vagues de chaleur ».
Concernant l’accession à la propriété, le gouvernement « prolongera au-delà de 2027 le prêt à taux zéro », qui soutient chaque année 70 000 ménages pour un montant de 2,4 milliards d’euros. Le dispositif sera également élargi aux ménages « ayant un enfant à naître, ou né il y a moins de trois ans ».
Sur l’investissement locatif, le dispositif dit « Jeanbrun » sera complété afin d’être « rendu significativement plus attractif dans les logements anciens ». Le premier ministre souhaite parallèlement que « le soutien fiscal à la location meublée soit réorienté », estimant que « le mitage des centres-villes, dans les zones tendues, par des locations de courte durée à vocation touristique, ne doit pas être fiscalement plus avantageux que les locations de longue durée ».
« La crise du logement ne peut pas être mise entre parenthèses en attendant la prochaine élection présidentielle », conclut Sébastien Lecornu. Il fixe un objectif de « 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030 ».