Le négationniste Vincent Reynouard a été condamné, mardi 22 septembre, à huit mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris pour des articles niant l’existence de chambres à gaz durant la seconde guerre mondiale.
Comptant déjà dix condamnations à son casier judiciaire entre 2006 et 2025, essentiellement pour des faits de contestation de crime contre l’humanité, le néonazi a été, à nouveau, reconnu coupable de cette infraction pour des articles parus dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol entre octobre 2024 et janvier 2025.
Dans les articles qui font l’objet de poursuites, cette figure de l’ultradroite qualifie notamment les chambres à gaz des camps de concentration nazis de « propagande soviétique » ou de « racontars ». Il y estime aussi que « les grandes chambres à gaz pour mille personnes » relèvent d’une « totale impossibilité technique ».
« En niant ainsi l’existence des chambres à gaz, symbole de l’extermination des juifs quelle que soit leur contenance, le prévenu conteste l’existence de la Shoah à travers la remise en cause de l’une de ses principales modalités », a estimé le tribunal correctionnel dans son jugement consulté par l’Agence France-Presse.
Injure antisémite
Vincent Reynouard a été également reconnu coupable d’injure antisémite pour avoir accusé dans ces mêmes textes « le Juif » d’être un « agent pathogène ». « Il réduit ainsi les personnes juives à un germe source d’infection. Cette essentialisation est outrageante envers elles », ont relevé les juges.
Constatant que l’auteur des articles ne dispose pas de logement personnel et qu’il est hébergé par Jérôme Bourbon, le directeur de Rivarol, le tribunal a estimé ne pas pouvoir ordonner à son niveau un aménagement de la peine.
En tant que directeur de la publication de Rivarol, vendu chaque semaine à 1 300 exemplaires, M. Bourbon – 22 mentions au casier judiciaire – a, lui, été condamné à six mois de prison aménagés sous la forme d’une détention électronique à domicile.
Les deux condamnés devront verser solidairement 1 500 euros à chaque partie civile, l’Observatoire juif de France, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme et l’Organisation juive européenne.