A certains endroits, Loukianivka n’a rien à envier aux villes du front : habitations ravagées, entrepôts en ruines, marché brûlé, trottoirs éventrés. Au cœur de Kiev, ce quartier est pourtant à des centaines de kilomètres des fronts où s’affrontent les soldats des armées russe et ukrainienne. Désormais, Loukianivka est devenu un symbole de l’intensification des attaques aériennes russes contre les villes ukrainiennes, notamment contre la capitale.
Au nord du centre-ville, à moins de trois kilomètres à vol d’oiseau de la place de l’Indépendance ou de la gare de Kiev-Passajyrsky, Loukianivka est un quartier à la fois commerçant, situé sur l’ancienne route médiévale qui amenait les marchands à Kiev, et ouvrier, depuis l’installation d’usines durant l’ère soviétique. Un quartier très vivant, nœud de transports urbains, lieu de résidence et de passage.
« Je tremble de peur à chaque alerte aérienne, mais je reste », dit Valentina. La kiosquière du marché de Loukianivka n’est pas du genre à afficher son inquiétude. Sur son étal, peu de journaux imprimés à l’heure des médias numériques mais des cahiers de mots croisés et de sudokus, et quelques babioles de plus ou moins première nécessité. « De toute façon, avec mes problèmes de hanche et ma canne, je n’ai pas le temps de m’enfuir, explique Valentina en souriant. Alors ça explose, et on ne bouge pas. »
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