Un homme de 21 ans, accusé d’être à l’origine d’un incendie qui a causé la mort de quatre personnes à Clermont-Ferrand, a été mis en examen et placé en détention provisoire, a annoncé dimanche 1er novembre le parquet. Il est poursuivi notamment pour « destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort », précise la procureure adjointe Laure Moisset dans un communiqué.
Il avait été interpellé et placé en garde à vue vendredi matin, quelques heures seulement après le début du sinistre en plein cœur de la ville. Un deuxième homme, âgé de 20 ans, qui était « à ses côtés lors de la mise à feu », s’est présenté de lui-même au commissariat de Clermont-Ferrand samedi vers 20 heures, selon Laure Moisset.
Accusé de ne pas être intervenu, il a été mis en examen pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne » et lui aussi placé en détention provisoire, indique-t-elle. Le parquet ne donne pas de précision sur le déroulé des événements ou les mobiles de l’incendiaire.
Le feu s’est déclaré vers 3 heures du matin vendredi en plein cœur de Clermont-Ferrand dans un immeuble d’habitation de cinq étages, mitoyen d’autres bâtiments, dans une impasse étroite rendant les lieux difficiles d’accès pour les véhicules de secours. Selon la mairie, deux appartements étaient en feu à l’arrivée des pompiers. « L’incendie a ensuite atteint la toiture et entraîné l’effondrement des 4e et 5e étages ». L’escalier de l’immeuble s’est également effondré.
« Origine criminelle possible »
Dans un premier bilan provisoire, la préfecture avait précisé que six personnes avaient été incommodées par des fumées et qu’une s’était échappée en sautant de la fenêtre de son appartement. Six blessés légers avaient été hospitalisés. Vendredi soir, les pompiers ont pu pénétrer dans le bâtiment, aidés de chiens de recherches et d’une unité spécialisée dans la recherche en milieu effondré ou fragilisé. Ils ont découvert trois premiers corps dans la nuit, et un dernier samedi.
Même si les circonstances exactes restent à déterminer, « les premières constatations des enquêteurs laissent entrevoir une origine criminelle possible de l’incendie », avait précisé le parquet dès vendredi.
Par précaution, les bâtiments qui jouxtent l’immeuble sinistré ont été évacués et les riverains concernés pris en charge par la municipalité, soit une trentaine de personnes selon la mairie. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place.