Culture

La mort annoncée de l’agence photo VU’ plonge de nombreux professionnels dans l’incertitude

La mort annoncée de l’agence photo VU’ plonge de nombreux professionnels dans l’incertitude

C’est une lente agonie. Depuis plus d’un an, l’agence VU’ meurt à petit feu. Forte, à sa belle époque, de quelque 130 photographes, elle a contribué à façonner pendant quatre décennies le paysage de la photographie française. Mais, d’ici quelques mois, elle ne sera plus qu’une coquille vide, reconnaît son président-directeur général, Xavier Soule.

Créée en 1986 par Christian Caujolle (1953-2025) et Zina Rouabah dans le giron du quotidien Libération, VU’ a inventé une nouvelle vision du photojournalisme. Une photo d’auteur, portée par des signatures singulières telles que Françoise Huguier, Ad van Denderen, Antoine d’Agata ou Jane Evelyn Atwood. Chacun à sa façon, ces photographes ont imposé la liberté de leur regard. Rachetée en 1997 par le groupe Abvent, alors dirigé par Xavier Soule, elle a continué de connaître de beaux jours, avant un lent déclin.

Le temps des grandes agences photo serait-il révolu ? « Cela fait plus d’un an qu’on a constaté de grandes difficultés sur le marché de la photo, liées entre autres à cette invasion incroyable de l’intelligence artificielle [IA], tous azimuts, constate Xavier Soule, qui assure avoir perdu 2,7 millions d’euros dans l’aventure. Il y a encore deux ans, on avait de grands objectifs, mais rien ne s’est déroulé comme prévu. Le paroxysme a été atteint à la fin de [2025] : on était à moins 20 %, voire moins 25 %, par rapport à nos prévisions. »

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