Quatre jours après l’attentat raciste de Trappes, qui a fait un mort et plusieurs blessés, des milliers de personnes se rassemblent sous un même mot d’ordre : dénoncer « la banalisation de la haine raciste » et pointer la responsabilité des discours politiques. Quelques heures plus tôt, ce même lundi 26 octobre, au micro de RMC, Alain Jakubowicz, président d’honneur de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), fait le même constat : « Tout est décomplexé aujourd’hui dans notre pays, y compris [la parole de] notre personnel politique. »
Dès vendredi soir, les élus de la gauche critiquent les « discours qui arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte », selon le maire de Trappes Ali Rabeh (Génération.s) répondant aux journalistes. Ce dernier accuse l’extrême droite d’avoir stigmatisé et essentialisé un « ennemi de l’intérieur » défini comme « le musulman, le Noir, l’Arabe » et mis une cible dans le dos des habitants de sa ville.
Trois jours après l’attentat, pourtant, le Rassemblement national (RN) persiste et signe. « Trappes est une République islamique en miniature », assume, lundi 26 octobre sur BFM-TV Edwige Diaz. La présidente du groupe RN au Sénat sait pourtant le caractère éruptif de l’expression : prononcée par Jordan Bardella en 2021, elle a vite été exhumée après l’attentat par les adversaires du parti pour dénoncer la responsabilité de l’extrême droite dans la montée des tensions.
Il vous reste 84.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.