C’est un procès qui nous plonge au cœur de l’une des principales routes de l’exil, sur une plage du Dunkerquois, où un bateau de fortune surchargé est parti pour le Royaume-Uni, avant de chavirer. Ce 24 novembre 2021, 31 personnes ont perdu la vie dans le naufrage le plus meurtrier jamais survenu dans la Manche lors d’une traversée de migrants.
Depuis mardi 8 septembre, plusieurs familles de victimes, venues spécialement du Kurdistan irakien, puis neuf des 14 prévenus, des passeurs présumés, ont longuement été entendus devant le tribunal correctionnel de Paris. Deux semaines d’audience qui ont permis d’esquisser l’organisation financière et logistique de ces filières de passeurs.
Le point de départ est un bureau de change du Kurdistan irakien, où les familles des victimes ont déposé une caution pour pouvoir payer les passeurs, comme le raconte, au premier jour du procès, Zana Mamand Mohammed, un policier kurde irakien, dont le petit frère, Twana, a été englouti par la mer la nuit du naufrage. « Mon frère avait 18 ans. Il voulait partir en Angleterre pour trouver un emploi, et parce que la situation géopolitique est dangereuse chez nous, explique-t-il à la présidente. Aucun membre de notre famille n’a voulu qu’il parte, mais nous avons échoué à le dissuader. »
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