Culture

Au Festival d’automne, Elina Kulikova explore une Russie en perdition

Au Festival d’automne, Elina Kulikova explore une Russie en perdition

Elle est élégante, la jeune femme russe qui pousse la porte du café parisien où on lui a donné rendez-vous. Aussi impressionnante au naturel qu’imposante sur scène, où elle apparaît, vêtue de sa robe longue de taffetas, dans la pose étudiée d’une cantatrice facétieuse.

Invitée du Festival d’automne avec son partenaire, le pianiste Dima Efremov, Elina Kulikova n’a pourtant rien d’une diva professionnelle. Si elle chante en public, explique-t-elle dans un français proche de la perfection, c’est pour « montrer le malaise de [son] corps ». Et au-delà de ce corps embarrassé, pour révéler l’état délétère de son pays natal. Elle l’a fui en 2022, juste après l’invasion de l’Ukraine. Et elle a reçu, quelques mois plus tard, une invitation du programme Pause, un dispositif déployé par le Collège de France pour les artistes et chercheurs en exil. « J’ai appris que j’allais avoir des papiers, une bourse et une résidence en France. »

Performeuse, écrivaine et metteuse en scène, initiée aux arts de la scène en Russie, aux Etats-Unis et en Suisse, elle propose au Théâtre Paris-Villette La Trilogie de la guerre, une œuvre théâtrale, lyrique, visuelle et documentaire. Elle y explore une Russie en perdition tout en articulant habilement le politique et l’intime.

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