Actualités principales

A Marseille, deux mois après un nouvel effondrement dans le quartier de Noailles, des habitants demandent des comptes

A Marseille, deux mois après un nouvel effondrement dans le quartier de Noailles, des habitants demandent des comptes

Mohamed El Khalfioui ne s’installera plus aux tables des petits cafés qui bordent la place Halle-Delacroix, au cœur du quartier de Noailles, dans le 1er arrondissement de Marseille. Le septuagénaire est mort le 9 août d’une pneumopathie, lui qui était, selon une de ses filles, Nadia El Khalfioui, jusqu’alors « physiquement en très bonne forme ». Le 18 juin, le retraité prenait le frais, comme souvent, sur cette place rectangulaire de l’hypercentre, à la fin d’une journée caniculaire, à quelques pas de son domicile du 29, rue d’Aubagne. Peu avant 21 heures, le toit et les planchers d’un immeuble de cinq étages en cours de rénovation au 3, place Halle-Delacroix se sont effondrés, soulevant un nuage de poussière géant. « Cela montait au-dessus des arbres, jusqu’à notre balcon », témoigne Jihane El Meddeb, qui recevait des amis dans son appartement au cinquième étage d’un immeuble mitoyen et qui n’a pu réintégrer son logement depuis.

Intoxiqué, Mohamed El Khalfioui est transféré aux urgences de l’hôpital de la Timone, comme une poignée d’autres personnes présentes. Dans la soirée, il est autorisé à sortir. Dans un message sur le réseau X, le maire de Marseille, Benoît Payan (Printemps marseillais), se montre rassurant. « A cette heure, seules quatre personnes ont été incommodées par les poussières », écrit-il alors. « Quand mon père est rentré chez lui, ses habits étaient blancs de poussière. Deux jours plus tard, il a commencé à tousser et à cracher des particules. Son état de santé n’a cessé de se dégrader… jusqu’à son décès », raconte Nadia El Khalfioui, boule d’émotion dans la gorge. Pour elle, l’exposition à l’épais nuage provoqué par l’effondrement partiel, visible sur certaines vidéos tournées par des témoins de la scène, ne peut être étrangère à la maladie fatale. « Je ne prétends pas établir moi-même un lien médical de causalité. Mais mon père n’a pas seulement été incommodé. Aujourd’hui, je veux savoir ce qu’il a respiré », insiste-t-elle.

Il vous reste 70.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous avez peut-être manqué