Trois semaines de festival, une vingtaine de propositions, des rendez-vous majeurs comme l’arrivée, en juin, de Seppuku, célébration de l’ultime inspirée par le suicide de l’écrivain japonais Yukio Mishima (1925-1970) et que signe l’artiste espagnole Angélica Liddell, ou encore la reprise des Personnages de la pensée, l’irrésistible et dernier opus de l’auteur franco-suisse Valère Novarina, mort le 16 janvier… A Montpellier, le Printemps des comédiens vient d’ouvrir ses portes avec la promesse de moments forts et sans que soit encore nommée à sa tête la personne qui remplacera Jean Varela.
Le directeur historique de la manifestation a quitté ses fonctions en décembre 2025, et l’annonce de sa succession devrait avoir lieu vers la fin du mois de juin. D’ici là, la programmation est aux mains d’Eric Bart, à qui l’on doit la venue d’Europa, spectacle de haute volée et d’une noirceur abyssale, adapté du Serment d’Europe, une pièce de Wajdi Mouawad.
C’est le Polonais Krzysztof Warlikowski qui met en scène cette tragédie fictionnelle aux airs lointains de documentaire. Sommée par une diplomate des Nations unies de témoigner sur des massacres génocidaires qui ont eu lieu en 1952, au Hafeztan (une région inventée), Europe, en deuil de son humanité, exige de rencontrer les trois enfants qu’elle a autrefois abandonnés. Trois filles, aujourd’hui adultes, à qui elle racontera comment, en 1952, âgée de 8 ans, elle a livré à la folie meurtrière des hommes 18 enfants cachés sous des pupitres. Il est temps pour elle d’honorer son serment : interrompre la transmission de la haine.
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