{"id":269024,"date":"2025-08-29T13:32:26","date_gmt":"2025-08-29T10:32:26","guid":{"rendered":"https:\/\/vof-news.eu\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/"},"modified":"2025-08-29T13:33:19","modified_gmt":"2025-08-29T10:33:19","slug":"5-albums-essentiels-deddie-palmieri","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/","title":{"rendered":"5 albums essentiels d\u2019Eddie Palmieri"},"content":{"rendered":"<article>\n<p><span>L<\/span>a disparition d\u2019Eddie Palmieri a \u00e9mu tous les amoureux des musiques afro-carib\u00e9ennes. Comme <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/disparitions\/article\/2025\/08\/08\/la-mort-d-eddie-palmieri-pianiste-maestro-de-la-salsa-et-du-latin-jazz_6627561_3382.html\" rel=\"nofollow\">le souligne<\/a> Patrick Labesse, le pianiste d\u2019origine portoricaine \u00e9tait non seulement un sals\u00e9ro <\/p>\n<h2>Palmieri et la salsa\u00a0: un pr\u00e9curseur en marge du mouvement<\/h2>\n<blockquote>\n<p>Il s\u2019est toujours refus\u00e9 \u00e0 rejoindre l\u2019\u00e9curie Fania<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Eddie Palmieri n\u2019aurait d\u2019ailleurs gu\u00e8re go\u00fbt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tiquette de sals\u00e9ro. A part sa participation au concert du Red Garter en\u00a01968 et un enregistrement au milieu des ann\u00e9es 80, il a toujours pris soin de garder ses distances avec Fania, le label qui a invent\u00e9 et market\u00e9 l\u2019appellation salsa. Ses exigences artistiques (tout comme ses revendications p\u00e9cuniaires) \u00e9taient \u00e0 cent mille lieues de la strat\u00e9gie commerciale de la maison de disques fond\u00e9e par Johnny Pacheco et Jerry Masucci.<\/p>\n<p>Pendant des ann\u00e9es, Palmieri a refus\u00e9 de jouer ladite salsa, brandissant r\u00e9solument l\u2019\u00e9tendard du latin-jazz. On se souvient qu\u2019il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des rares personnalit\u00e9s (hormis Bobby Sanabria) \u00e0 s\u2019\u00e9lever contre la suppression de la cat\u00e9gorie latin-jazz des Grammy Awards. Palmieri avait r\u00e9ussi \u00e0 faire plier l\u2019acad\u00e9mie.<\/p>\n<p>Le pianiste fut pourtant l\u2019un des pionniers du genre. Pour s\u2019en convaincre, on se plongera dans le livre \u00ab\u00a0Salsa Rising\u00a0\u00bb (en anglais), dans lequel l\u2019auteur, Juan Flores, documente les transformations de la musique latine \u00e0 New-York jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9closion de la salsa. Les apports d\u2019Eddie Palmieri y sont d\u00e9crits comme tout aussi importants que ceux de Fania.<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e8re moderne de la musique latine \u00e0 New York<\/h2>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019effacement des big bands et de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau style, la pachanga, les bases d\u2019une nouvelle \u00e8re sont \u00e9tablies avec la cr\u00e9ation d\u2019un groupe qui fera date\u00a0: La Perfecta, fond\u00e9e par Eddie Palmieri et le tromboniste Barry Rogers. En fusionnant les deux formations traditionnelles cubaines que sont le conjunto et la charanga, ils cr\u00e9ent un nouveau type d\u2019orchestre. Charlie, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Eddie et ainsi que son mentor, le baptise \u00ab\u00a0. Son innovation principale\u00a0: la substitution des violons par deux trombones.<\/p>\n<blockquote>\n<p>La Perfecta de Palmieri pr\u00e9figure ce que sera la salsa<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Perfecta devient rapidement l\u2019un des groupes les plus courus du New York latino. Elle fera la fermeture du c\u00e9l\u00e8bre Palladium, actant ainsi la fin de l\u2019\u00e9poque des . Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania.<\/p>\n<h2>Foisonnantes ann\u00e9es 70<\/h2>\n<p>1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu.<\/p>\n<p>Notre s\u00e9lection se concentrera sur les ann\u00e9es 1969-1978, certainement les plus riches. Celles dont le son est le plus embl\u00e9matique\u00a0: trombones, piano \u00e9lectrique, une ambiance urbaine telle qu\u2019on s\u2019imagine la salsa de cette \u00e9poque, descargas, torrides, improvisations latin-jazz d\u00e9complex\u00e9es. Une p\u00e9riode o\u00f9 fusions et exp\u00e9rimentations sont l\u00e9gion.<\/p>\n<p>Palmieri signe une impressionnante s\u00e9rie d\u2019albums\u00a0aussi cr\u00e9atifs les uns que les autres\u00a0: \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (1969), \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb (1970), \u00ab\u00a0V\u00e1monos Pa\u2019l Monte\u00a0\u00bb (1971), \u00ab\u00a0Sentido\u00a0\u00bb (1973), \u00ab\u00a0Sun of Latin Music\u00a0\u00bb (1974), \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb (1975).<\/p>\n<p>Il se paye le luxe de remporter les deux premiers Grammy latino face \u00e0 un r\u00e9giment de productions Fania en pleine explosion salsa.<\/p>\n<h2>La s\u00e9lection du \u00ab\u00a0Jazz et la salsa\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (tout comme \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb sorti dans la foul\u00e9e) adopte un sch\u00e9ma bien particulier\u00a0: face A\u00a0: salsa dura\/face B\u00a0: latin-jazz. Les pistes de plus de six minutes ne sont pas rares (ce sera le cas du morceau titre de l\u2019album suivant, ), pouvant d\u00e9passer les onze minutes comme <\/p>\n<p>Depuis la fin des ann\u00e9es 60, les revendications sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans les quartiers latinos, East Harlem et South Bronx. C\u2019est le temps des \u00ab\u00a0Young Lords\u00a0\u00bb, pendant portoricain des \u00ab\u00a0Black Panther\u00a0\u00bb. Le titre  r\u00e9clame justice pour les noirs et latinos dans un final explosif. Palmieri met sa musique au service de son engagement politique, pr\u00e9figurant ce qu\u2019on appellera plus tard la .<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Pour appr\u00e9cier le son urbain tel que d\u00e9crit, on se penchera l\u2019enregistrement live \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb. Captation r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019automne 71 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Puerto Rico en pleine revendications \u00e9tudiantes. On le pr\u00e9f\u00e9rera au c\u00e9l\u00e8bre\u00ab\u00a0Live At Sing Sing\u00a0\u00bb pour multiples raisons. Il est plus repr\u00e9sentatif de la production de l\u2019\u00e9poque avec tous les tubes du moment\u00a0: , , , ,  . Palmieri s\u2019entoure de nombreux invit\u00e9s dont son fr\u00e8re Charlie \u00e0 l\u2019orgue. Si la prise de son d\u2019\u00e9poque ne permet pas l\u2019\u00e9coute la plus confortable (une version remastered sortira en\u00a02025), elle rend compte de l\u2019ambiance torride et d\u2019improvisations sans limites.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>On termine le premier volet de notre panorama avec \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb Le 33\u00a0t doit son titre aux divergences artistiques et marketing qui mirent fin \u00e0 la collaboration de Palmieri avec la maison de disque Coco. Le disque est criant de maturit\u00e9 (et ce n\u2019est pas faire un outrage aux enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9j\u00e0 des bijoux). Chaque titre est un voyage de musicalit\u00e9 et d\u2019inventivit\u00e9. Une musique dansante avec la libert\u00e9 du latin-jazz.<\/p>\n<p>Avant de tenter de dresser un pont avec l\u2019album suivant, op\u00e9rons un l\u00e9ger flash-back.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Harlem River Drive\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>En\u00a01971, Eddie Palmieri s\u2019aventure dans le registre de la soul en montant le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb avec son fr\u00e8re Charlie et d\u2019autres comme le saxophoniste Ronnie Cuber et le parolier Calvin \u00ab\u00a0Snookie\u00a0\u00bb Clash. Cuber fait appel \u00e0 des pointures de la sc\u00e8ne rhythm and blues (ils ont travaill\u00e9 notamment avec Aretha Franklin) et Snookie se charge des textes \u00e0 forte charge sociale. Bijou latin-soul, le disque deviendra culte. Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/blog\/mundolatino\/2011\/08\/25\/africa-caribe-joaquin-joe-claussell-reboote-fania-en-jungle-electro-cubaine\/\" rel=\"nofollow\">remix<\/a> en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire.<\/p>\n<section>\n<p><span><\/span><span> (1969, Tico)<\/span><\/p>\n<\/section>\n<section>\n<p><span><\/span><span> (Coco, 1971)<\/span><\/p>\n<\/section>\n<section>\n<p><span><\/span><span> (Coco, 1975)<\/span><\/p>\n<\/section>\n<section>\n<p><span><\/span><span> (Roulette, 1971)<\/span><\/p>\n<\/section>\n<section>\n<p><span><\/span><span> (Epic, 1978)<\/span><\/p>\n<\/section>\n<section>\n<p> <span><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/signataires\/yannick-le-maintec\/\" rel=\"nofollow\"> <span>Yannick Le Maintec<\/span><\/a><\/span> <\/p>\n<\/section>\n<section>\n<section>\n<header>   <\/header>\n<section>\n<section> <a href=\"https:\/\/abo.lemonde.fr\/?lmd_medium=BOUTONS_LMFR&amp;lmd_campaign=CONTRIBUTION_ARTICLE\" rel=\"nofollow\">S\u2019abonner<\/a> <\/section>\n<\/section>\n<section><\/section>\n<\/section>\n<p>Contribuer<\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/syndication\/\" rel=\"nofollow\">R\u00e9utiliser ce contenu<\/a> <\/section>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La disparition d\u2019Eddie Palmieri a \u00e9mu tous les amoureux des musiques afro-carib\u00e9ennes. 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On se souvient qu\u2019il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des rares personnalit\u00e9s (hormis Bobby Sanabria) \u00e0 s\u2019\u00e9lever contre la suppression de la cat\u00e9gorie latin-jazz des Grammy Awards. Palmieri avait r\u00e9ussi \u00e0 faire plier l\u2019acad\u00e9mie. Le pianiste fut pourtant l\u2019un des pionniers du genre. Pour s\u2019en convaincre, on se plongera dans le livre \u00ab\u00a0Salsa Rising\u00a0\u00bb (en anglais), dans lequel l\u2019auteur, Juan Flores, documente les transformations de la musique latine \u00e0 New-York jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9closion de la salsa. Les apports d\u2019Eddie Palmieri y sont d\u00e9crits comme tout aussi importants que ceux de Fania. L\u2019\u00e8re moderne de la musique latine \u00e0 New York Au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019effacement des big bands et de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau style, la pachanga, les bases d\u2019une nouvelle \u00e8re sont \u00e9tablies avec la cr\u00e9ation d\u2019un groupe qui fera date\u00a0: La Perfecta, fond\u00e9e par Eddie Palmieri et le tromboniste Barry Rogers. En fusionnant les deux formations traditionnelles cubaines que sont le conjunto et la charanga, ils cr\u00e9ent un nouveau type d\u2019orchestre. Charlie, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Eddie et ainsi que son mentor, le baptise \u00ab\u00a0. Son innovation principale\u00a0: la substitution des violons par deux trombones. La Perfecta de Palmieri pr\u00e9figure ce que sera la salsa La Perfecta devient rapidement l\u2019un des groupes les plus courus du New York latino. Elle fera la fermeture du c\u00e9l\u00e8bre Palladium, actant ainsi la fin de l\u2019\u00e9poque des . Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania. Foisonnantes ann\u00e9es 70 1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu. Notre s\u00e9lection se concentrera sur les ann\u00e9es 1969-1978, certainement les plus riches. Celles dont le son est le plus embl\u00e9matique\u00a0: trombones, piano \u00e9lectrique, une ambiance urbaine telle qu\u2019on s\u2019imagine la salsa de cette \u00e9poque, descargas, torrides, improvisations latin-jazz d\u00e9complex\u00e9es. Une p\u00e9riode o\u00f9 fusions et exp\u00e9rimentations sont l\u00e9gion. Palmieri signe une impressionnante s\u00e9rie d\u2019albums\u00a0aussi cr\u00e9atifs les uns que les autres\u00a0: \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (1969), \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb (1970), \u00ab\u00a0V\u00e1monos Pa\u2019l Monte\u00a0\u00bb (1971), \u00ab\u00a0Sentido\u00a0\u00bb (1973), \u00ab\u00a0Sun of Latin Music\u00a0\u00bb (1974), \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb (1975). Il se paye le luxe de remporter les deux premiers Grammy latino face \u00e0 un r\u00e9giment de productions Fania en pleine explosion salsa. La s\u00e9lection du \u00ab\u00a0Jazz et la salsa\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (tout comme \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb sorti dans la foul\u00e9e) adopte un sch\u00e9ma bien particulier\u00a0: face A\u00a0: salsa dura\/face B\u00a0: latin-jazz. Les pistes de plus de six minutes ne sont pas rares (ce sera le cas du morceau titre de l\u2019album suivant, ), pouvant d\u00e9passer les onze minutes comme  Depuis la fin des ann\u00e9es 60, les revendications sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans les quartiers latinos, East Harlem et South Bronx. C\u2019est le temps des \u00ab\u00a0Young Lords\u00a0\u00bb, pendant portoricain des \u00ab\u00a0Black Panther\u00a0\u00bb. Le titre r\u00e9clame justice pour les noirs et latinos dans un final explosif. Palmieri met sa musique au service de son engagement politique, pr\u00e9figurant ce qu\u2019on appellera plus tard la . \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb Pour appr\u00e9cier le son urbain tel que d\u00e9crit, on se penchera l\u2019enregistrement live \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb. Captation r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019automne 71 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Puerto Rico en pleine revendications \u00e9tudiantes. On le pr\u00e9f\u00e9rera au c\u00e9l\u00e8bre\u00ab\u00a0Live At Sing Sing\u00a0\u00bb pour multiples raisons. Il est plus repr\u00e9sentatif de la production de l\u2019\u00e9poque avec tous les tubes du moment\u00a0: , , , , . Palmieri s\u2019entoure de nombreux invit\u00e9s dont son fr\u00e8re Charlie \u00e0 l\u2019orgue. Si la prise de son d\u2019\u00e9poque ne permet pas l\u2019\u00e9coute la plus confortable (une version remastered sortira en\u00a02025), elle rend compte de l\u2019ambiance torride et d\u2019improvisations sans limites. \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb On termine le premier volet de notre panorama avec \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb Le 33\u00a0t doit son titre aux divergences artistiques et marketing qui mirent fin \u00e0 la collaboration de Palmieri avec la maison de disque Coco. Le disque est criant de maturit\u00e9 (et ce n\u2019est pas faire un outrage aux enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9j\u00e0 des bijoux). Chaque titre est un voyage de musicalit\u00e9 et d\u2019inventivit\u00e9. Une musique dansante avec la libert\u00e9 du latin-jazz. Avant de tenter de dresser un pont avec l\u2019album suivant, op\u00e9rons un l\u00e9ger flash-back. \u00ab\u00a0Harlem River Drive\u00a0\u00bb En\u00a01971, Eddie Palmieri s\u2019aventure dans le registre de la soul en montant le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb avec son fr\u00e8re Charlie et d\u2019autres comme le saxophoniste Ronnie Cuber et le parolier Calvin \u00ab\u00a0Snookie\u00a0\u00bb Clash. Cuber fait appel \u00e0 des pointures de la sc\u00e8ne rhythm and blues (ils ont travaill\u00e9 notamment avec Aretha Franklin) et Snookie se charge des textes \u00e0 forte charge sociale. Bijou latin-soul, le disque deviendra culte. Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing. \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son remix en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell. Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire.  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On se souvient qu\u2019il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des rares personnalit\u00e9s (hormis Bobby Sanabria) \u00e0 s\u2019\u00e9lever contre la suppression de la cat\u00e9gorie latin-jazz des Grammy Awards. Palmieri avait r\u00e9ussi \u00e0 faire plier l\u2019acad\u00e9mie. Le pianiste fut pourtant l\u2019un des pionniers du genre. Pour s\u2019en convaincre, on se plongera dans le livre \u00ab\u00a0Salsa Rising\u00a0\u00bb (en anglais), dans lequel l\u2019auteur, Juan Flores, documente les transformations de la musique latine \u00e0 New-York jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9closion de la salsa. Les apports d\u2019Eddie Palmieri y sont d\u00e9crits comme tout aussi importants que ceux de Fania. L\u2019\u00e8re moderne de la musique latine \u00e0 New York Au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019effacement des big bands et de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau style, la pachanga, les bases d\u2019une nouvelle \u00e8re sont \u00e9tablies avec la cr\u00e9ation d\u2019un groupe qui fera date\u00a0: La Perfecta, fond\u00e9e par Eddie Palmieri et le tromboniste Barry Rogers. En fusionnant les deux formations traditionnelles cubaines que sont le conjunto et la charanga, ils cr\u00e9ent un nouveau type d\u2019orchestre. Charlie, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Eddie et ainsi que son mentor, le baptise \u00ab\u00a0. Son innovation principale\u00a0: la substitution des violons par deux trombones. La Perfecta de Palmieri pr\u00e9figure ce que sera la salsa La Perfecta devient rapidement l\u2019un des groupes les plus courus du New York latino. Elle fera la fermeture du c\u00e9l\u00e8bre Palladium, actant ainsi la fin de l\u2019\u00e9poque des . Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania. Foisonnantes ann\u00e9es 70 1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu. Notre s\u00e9lection se concentrera sur les ann\u00e9es 1969-1978, certainement les plus riches. Celles dont le son est le plus embl\u00e9matique\u00a0: trombones, piano \u00e9lectrique, une ambiance urbaine telle qu\u2019on s\u2019imagine la salsa de cette \u00e9poque, descargas, torrides, improvisations latin-jazz d\u00e9complex\u00e9es. Une p\u00e9riode o\u00f9 fusions et exp\u00e9rimentations sont l\u00e9gion. Palmieri signe une impressionnante s\u00e9rie d\u2019albums\u00a0aussi cr\u00e9atifs les uns que les autres\u00a0: \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (1969), \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb (1970), \u00ab\u00a0V\u00e1monos Pa\u2019l Monte\u00a0\u00bb (1971), \u00ab\u00a0Sentido\u00a0\u00bb (1973), \u00ab\u00a0Sun of Latin Music\u00a0\u00bb (1974), \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb (1975). Il se paye le luxe de remporter les deux premiers Grammy latino face \u00e0 un r\u00e9giment de productions Fania en pleine explosion salsa. La s\u00e9lection du \u00ab\u00a0Jazz et la salsa\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (tout comme \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb sorti dans la foul\u00e9e) adopte un sch\u00e9ma bien particulier\u00a0: face A\u00a0: salsa dura\/face B\u00a0: latin-jazz. Les pistes de plus de six minutes ne sont pas rares (ce sera le cas du morceau titre de l\u2019album suivant, ), pouvant d\u00e9passer les onze minutes comme  Depuis la fin des ann\u00e9es 60, les revendications sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans les quartiers latinos, East Harlem et South Bronx. C\u2019est le temps des \u00ab\u00a0Young Lords\u00a0\u00bb, pendant portoricain des \u00ab\u00a0Black Panther\u00a0\u00bb. Le titre r\u00e9clame justice pour les noirs et latinos dans un final explosif. Palmieri met sa musique au service de son engagement politique, pr\u00e9figurant ce qu\u2019on appellera plus tard la . \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb Pour appr\u00e9cier le son urbain tel que d\u00e9crit, on se penchera l\u2019enregistrement live \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb. Captation r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019automne 71 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Puerto Rico en pleine revendications \u00e9tudiantes. On le pr\u00e9f\u00e9rera au c\u00e9l\u00e8bre\u00ab\u00a0Live At Sing Sing\u00a0\u00bb pour multiples raisons. Il est plus repr\u00e9sentatif de la production de l\u2019\u00e9poque avec tous les tubes du moment\u00a0: , , , , . Palmieri s\u2019entoure de nombreux invit\u00e9s dont son fr\u00e8re Charlie \u00e0 l\u2019orgue. Si la prise de son d\u2019\u00e9poque ne permet pas l\u2019\u00e9coute la plus confortable (une version remastered sortira en\u00a02025), elle rend compte de l\u2019ambiance torride et d\u2019improvisations sans limites. \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb On termine le premier volet de notre panorama avec \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb Le 33\u00a0t doit son titre aux divergences artistiques et marketing qui mirent fin \u00e0 la collaboration de Palmieri avec la maison de disque Coco. Le disque est criant de maturit\u00e9 (et ce n\u2019est pas faire un outrage aux enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9j\u00e0 des bijoux). Chaque titre est un voyage de musicalit\u00e9 et d\u2019inventivit\u00e9. Une musique dansante avec la libert\u00e9 du latin-jazz. Avant de tenter de dresser un pont avec l\u2019album suivant, op\u00e9rons un l\u00e9ger flash-back. \u00ab\u00a0Harlem River Drive\u00a0\u00bb En\u00a01971, Eddie Palmieri s\u2019aventure dans le registre de la soul en montant le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb avec son fr\u00e8re Charlie et d\u2019autres comme le saxophoniste Ronnie Cuber et le parolier Calvin \u00ab\u00a0Snookie\u00a0\u00bb Clash. Cuber fait appel \u00e0 des pointures de la sc\u00e8ne rhythm and blues (ils ont travaill\u00e9 notamment avec Aretha Franklin) et Snookie se charge des textes \u00e0 forte charge sociale. Bijou latin-soul, le disque deviendra culte. Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing. \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son remix en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell. Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire.  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Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania. Foisonnantes ann\u00e9es 70 1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu. 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Si la prise de son d\u2019\u00e9poque ne permet pas l\u2019\u00e9coute la plus confortable (une version remastered sortira en\u00a02025), elle rend compte de l\u2019ambiance torride et d\u2019improvisations sans limites. \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb On termine le premier volet de notre panorama avec \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb Le 33\u00a0t doit son titre aux divergences artistiques et marketing qui mirent fin \u00e0 la collaboration de Palmieri avec la maison de disque Coco. Le disque est criant de maturit\u00e9 (et ce n\u2019est pas faire un outrage aux enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9j\u00e0 des bijoux). Chaque titre est un voyage de musicalit\u00e9 et d\u2019inventivit\u00e9. Une musique dansante avec la libert\u00e9 du latin-jazz. 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Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing. \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son remix en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell. Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire. 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Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania. Foisonnantes ann\u00e9es 70 1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu. Notre s\u00e9lection se concentrera sur les ann\u00e9es 1969-1978, certainement les plus riches. Celles dont le son est le plus embl\u00e9matique\u00a0: trombones, piano \u00e9lectrique, une ambiance urbaine telle qu\u2019on s\u2019imagine la salsa de cette \u00e9poque, descargas, torrides, improvisations latin-jazz d\u00e9complex\u00e9es. Une p\u00e9riode o\u00f9 fusions et exp\u00e9rimentations sont l\u00e9gion. Palmieri signe une impressionnante s\u00e9rie d\u2019albums\u00a0aussi cr\u00e9atifs les uns que les autres\u00a0: \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (1969), \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb (1970), \u00ab\u00a0V\u00e1monos Pa\u2019l Monte\u00a0\u00bb (1971), \u00ab\u00a0Sentido\u00a0\u00bb (1973), \u00ab\u00a0Sun of Latin Music\u00a0\u00bb (1974), \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb (1975). Il se paye le luxe de remporter les deux premiers Grammy latino face \u00e0 un r\u00e9giment de productions Fania en pleine explosion salsa. La s\u00e9lection du \u00ab\u00a0Jazz et la salsa\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (tout comme \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb sorti dans la foul\u00e9e) adopte un sch\u00e9ma bien particulier\u00a0: face A\u00a0: salsa dura\/face B\u00a0: latin-jazz. Les pistes de plus de six minutes ne sont pas rares (ce sera le cas du morceau titre de l\u2019album suivant, ), pouvant d\u00e9passer les onze minutes comme  Depuis la fin des ann\u00e9es 60, les revendications sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans les quartiers latinos, East Harlem et South Bronx. C\u2019est le temps des \u00ab\u00a0Young Lords\u00a0\u00bb, pendant portoricain des \u00ab\u00a0Black Panther\u00a0\u00bb. Le titre r\u00e9clame justice pour les noirs et latinos dans un final explosif. Palmieri met sa musique au service de son engagement politique, pr\u00e9figurant ce qu\u2019on appellera plus tard la . \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb Pour appr\u00e9cier le son urbain tel que d\u00e9crit, on se penchera l\u2019enregistrement live \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb. Captation r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019automne 71 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Puerto Rico en pleine revendications \u00e9tudiantes. On le pr\u00e9f\u00e9rera au c\u00e9l\u00e8bre\u00ab\u00a0Live At Sing Sing\u00a0\u00bb pour multiples raisons. Il est plus repr\u00e9sentatif de la production de l\u2019\u00e9poque avec tous les tubes du moment\u00a0: , , , , . Palmieri s\u2019entoure de nombreux invit\u00e9s dont son fr\u00e8re Charlie \u00e0 l\u2019orgue. 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Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing. \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son remix en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell. Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire.  (1969, Tico)  (Coco, 1971)  (Coco, 1975)  (Roulette, 1971)  (Epic, 1978)   Yannick Le Maintec      S\u2019abonner   Contribuer R\u00e9utiliser ce contenu","robots":{"index":"noindex","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"5 albums essentiels d\u2019Eddie Palmieri - vof-news.eu","og_description":"La disparition d\u2019Eddie Palmieri a \u00e9mu tous les amoureux des musiques afro-carib\u00e9ennes. Comme le souligne Patrick Labesse, le pianiste d\u2019origine portoricaine \u00e9tait non seulement un sals\u00e9ro  Palmieri et la salsa\u00a0: un pr\u00e9curseur en marge du mouvement Il s\u2019est toujours refus\u00e9 \u00e0 rejoindre l\u2019\u00e9curie Fania Eddie Palmieri n\u2019aurait d\u2019ailleurs gu\u00e8re go\u00fbt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tiquette de sals\u00e9ro. A part sa participation au concert du Red Garter en\u00a01968 et un enregistrement au milieu des ann\u00e9es 80, il a toujours pris soin de garder ses distances avec Fania, le label qui a invent\u00e9 et market\u00e9 l\u2019appellation salsa. Ses exigences artistiques (tout comme ses revendications p\u00e9cuniaires) \u00e9taient \u00e0 cent mille lieues de la strat\u00e9gie commerciale de la maison de disques fond\u00e9e par Johnny Pacheco et Jerry Masucci. Pendant des ann\u00e9es, Palmieri a refus\u00e9 de jouer ladite salsa, brandissant r\u00e9solument l\u2019\u00e9tendard du latin-jazz. On se souvient qu\u2019il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des rares personnalit\u00e9s (hormis Bobby Sanabria) \u00e0 s\u2019\u00e9lever contre la suppression de la cat\u00e9gorie latin-jazz des Grammy Awards. Palmieri avait r\u00e9ussi \u00e0 faire plier l\u2019acad\u00e9mie. Le pianiste fut pourtant l\u2019un des pionniers du genre. Pour s\u2019en convaincre, on se plongera dans le livre \u00ab\u00a0Salsa Rising\u00a0\u00bb (en anglais), dans lequel l\u2019auteur, Juan Flores, documente les transformations de la musique latine \u00e0 New-York jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9closion de la salsa. Les apports d\u2019Eddie Palmieri y sont d\u00e9crits comme tout aussi importants que ceux de Fania. L\u2019\u00e8re moderne de la musique latine \u00e0 New York Au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019effacement des big bands et de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau style, la pachanga, les bases d\u2019une nouvelle \u00e8re sont \u00e9tablies avec la cr\u00e9ation d\u2019un groupe qui fera date\u00a0: La Perfecta, fond\u00e9e par Eddie Palmieri et le tromboniste Barry Rogers. En fusionnant les deux formations traditionnelles cubaines que sont le conjunto et la charanga, ils cr\u00e9ent un nouveau type d\u2019orchestre. Charlie, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Eddie et ainsi que son mentor, le baptise \u00ab\u00a0. Son innovation principale\u00a0: la substitution des violons par deux trombones. La Perfecta de Palmieri pr\u00e9figure ce que sera la salsa La Perfecta devient rapidement l\u2019un des groupes les plus courus du New York latino. Elle fera la fermeture du c\u00e9l\u00e8bre Palladium, actant ainsi la fin de l\u2019\u00e9poque des . Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania. Foisonnantes ann\u00e9es 70 1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu. Notre s\u00e9lection se concentrera sur les ann\u00e9es 1969-1978, certainement les plus riches. Celles dont le son est le plus embl\u00e9matique\u00a0: trombones, piano \u00e9lectrique, une ambiance urbaine telle qu\u2019on s\u2019imagine la salsa de cette \u00e9poque, descargas, torrides, improvisations latin-jazz d\u00e9complex\u00e9es. Une p\u00e9riode o\u00f9 fusions et exp\u00e9rimentations sont l\u00e9gion. Palmieri signe une impressionnante s\u00e9rie d\u2019albums\u00a0aussi cr\u00e9atifs les uns que les autres\u00a0: \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (1969), \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb (1970), \u00ab\u00a0V\u00e1monos Pa\u2019l Monte\u00a0\u00bb (1971), \u00ab\u00a0Sentido\u00a0\u00bb (1973), \u00ab\u00a0Sun of Latin Music\u00a0\u00bb (1974), \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb (1975). Il se paye le luxe de remporter les deux premiers Grammy latino face \u00e0 un r\u00e9giment de productions Fania en pleine explosion salsa. La s\u00e9lection du \u00ab\u00a0Jazz et la salsa\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (tout comme \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb sorti dans la foul\u00e9e) adopte un sch\u00e9ma bien particulier\u00a0: face A\u00a0: salsa dura\/face B\u00a0: latin-jazz. Les pistes de plus de six minutes ne sont pas rares (ce sera le cas du morceau titre de l\u2019album suivant, ), pouvant d\u00e9passer les onze minutes comme  Depuis la fin des ann\u00e9es 60, les revendications sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans les quartiers latinos, East Harlem et South Bronx. C\u2019est le temps des \u00ab\u00a0Young Lords\u00a0\u00bb, pendant portoricain des \u00ab\u00a0Black Panther\u00a0\u00bb. Le titre r\u00e9clame justice pour les noirs et latinos dans un final explosif. Palmieri met sa musique au service de son engagement politique, pr\u00e9figurant ce qu\u2019on appellera plus tard la . \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb Pour appr\u00e9cier le son urbain tel que d\u00e9crit, on se penchera l\u2019enregistrement live \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb. Captation r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019automne 71 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Puerto Rico en pleine revendications \u00e9tudiantes. On le pr\u00e9f\u00e9rera au c\u00e9l\u00e8bre\u00ab\u00a0Live At Sing Sing\u00a0\u00bb pour multiples raisons. Il est plus repr\u00e9sentatif de la production de l\u2019\u00e9poque avec tous les tubes du moment\u00a0: , , , , . Palmieri s\u2019entoure de nombreux invit\u00e9s dont son fr\u00e8re Charlie \u00e0 l\u2019orgue. Si la prise de son d\u2019\u00e9poque ne permet pas l\u2019\u00e9coute la plus confortable (une version remastered sortira en\u00a02025), elle rend compte de l\u2019ambiance torride et d\u2019improvisations sans limites. \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb On termine le premier volet de notre panorama avec \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb Le 33\u00a0t doit son titre aux divergences artistiques et marketing qui mirent fin \u00e0 la collaboration de Palmieri avec la maison de disque Coco. Le disque est criant de maturit\u00e9 (et ce n\u2019est pas faire un outrage aux enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9j\u00e0 des bijoux). Chaque titre est un voyage de musicalit\u00e9 et d\u2019inventivit\u00e9. Une musique dansante avec la libert\u00e9 du latin-jazz. Avant de tenter de dresser un pont avec l\u2019album suivant, op\u00e9rons un l\u00e9ger flash-back. \u00ab\u00a0Harlem River Drive\u00a0\u00bb En\u00a01971, Eddie Palmieri s\u2019aventure dans le registre de la soul en montant le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb avec son fr\u00e8re Charlie et d\u2019autres comme le saxophoniste Ronnie Cuber et le parolier Calvin \u00ab\u00a0Snookie\u00a0\u00bb Clash. Cuber fait appel \u00e0 des pointures de la sc\u00e8ne rhythm and blues (ils ont travaill\u00e9 notamment avec Aretha Franklin) et Snookie se charge des textes \u00e0 forte charge sociale. Bijou latin-soul, le disque deviendra culte. Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing. \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son remix en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell. Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire.  (1969, Tico)  (Coco, 1971)  (Coco, 1975)  (Roulette, 1971)  (Epic, 1978)   Yannick Le Maintec      S\u2019abonner   Contribuer R\u00e9utiliser ce contenu","og_url":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/","og_site_name":"vof-news.eu","article_published_time":"2025-08-29T10:32:26+00:00","article_modified_time":"2025-08-29T10:33:19+00:00","og_image":[{"width":664,"height":498,"url":"https:\/\/vof-news.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/26c42c8_upload-1-pkfwxorzwjho-top5-1.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Author","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Author","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"6 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/","url":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/","name":"5 albums essentiels d\u2019Eddie Palmieri - vof-news.eu","isPartOf":{"@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/vof-news.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/26c42c8_upload-1-pkfwxorzwjho-top5-1.jpg","datePublished":"2025-08-29T10:32:26+00:00","dateModified":"2025-08-29T10:33:19+00:00","author":{"@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/#\/schema\/person\/f6a2a4309f0561835797fd8c19b333ed"},"description":"La disparition d\u2019Eddie Palmieri a \u00e9mu tous les amoureux des musiques afro-carib\u00e9ennes. 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On se souvient qu\u2019il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des rares personnalit\u00e9s (hormis Bobby Sanabria) \u00e0 s\u2019\u00e9lever contre la suppression de la cat\u00e9gorie latin-jazz des Grammy Awards. Palmieri avait r\u00e9ussi \u00e0 faire plier l\u2019acad\u00e9mie. Le pianiste fut pourtant l\u2019un des pionniers du genre. Pour s\u2019en convaincre, on se plongera dans le livre \u00ab\u00a0Salsa Rising\u00a0\u00bb (en anglais), dans lequel l\u2019auteur, Juan Flores, documente les transformations de la musique latine \u00e0 New-York jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9closion de la salsa. Les apports d\u2019Eddie Palmieri y sont d\u00e9crits comme tout aussi importants que ceux de Fania. L\u2019\u00e8re moderne de la musique latine \u00e0 New York Au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019effacement des big bands et de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau style, la pachanga, les bases d\u2019une nouvelle \u00e8re sont \u00e9tablies avec la cr\u00e9ation d\u2019un groupe qui fera date\u00a0: La Perfecta, fond\u00e9e par Eddie Palmieri et le tromboniste Barry Rogers. En fusionnant les deux formations traditionnelles cubaines que sont le conjunto et la charanga, ils cr\u00e9ent un nouveau type d\u2019orchestre. Charlie, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Eddie et ainsi que son mentor, le baptise \u00ab\u00a0. Son innovation principale\u00a0: la substitution des violons par deux trombones. La Perfecta de Palmieri pr\u00e9figure ce que sera la salsa La Perfecta devient rapidement l\u2019un des groupes les plus courus du New York latino. Elle fera la fermeture du c\u00e9l\u00e8bre Palladium, actant ainsi la fin de l\u2019\u00e9poque des . Au-del\u00e0 de l\u2019engouement, La Perfecta marque la modernisation de la musique latine. Les nouvelles sonorit\u00e9s apport\u00e9es par la section de cuivres, l\u2019adaptation urbaine des rythmes cubains, le jeu de piano (autant sur la forme que le fond) ouvrent la voie \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019intense exploration pour Palmieri et inspireront largement le tromboniste Willie Col\u00f3n, l\u2019un des principaux acteurs de Fania. Foisonnantes ann\u00e9es 70 1969. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 deux collaborations avec le vibraphoniste Cal Djader, le pianiste sort \u00ab\u00a0Champagne\u00a0\u00bb, un album de transition qui fait la part belle au style en vogue, le boogaloo. Barry Rogers s\u2019en est all\u00e9 et la Perfecta n\u2019est plus. Il se retrouve sans groupe au moment o\u00f9 sa libert\u00e9 cr\u00e9ative est \u00e0 son sommet. C\u2019est dire si son come-back est inattendu. Notre s\u00e9lection se concentrera sur les ann\u00e9es 1969-1978, certainement les plus riches. Celles dont le son est le plus embl\u00e9matique\u00a0: trombones, piano \u00e9lectrique, une ambiance urbaine telle qu\u2019on s\u2019imagine la salsa de cette \u00e9poque, descargas, torrides, improvisations latin-jazz d\u00e9complex\u00e9es. Une p\u00e9riode o\u00f9 fusions et exp\u00e9rimentations sont l\u00e9gion. Palmieri signe une impressionnante s\u00e9rie d\u2019albums\u00a0aussi cr\u00e9atifs les uns que les autres\u00a0: \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (1969), \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb (1970), \u00ab\u00a0V\u00e1monos Pa\u2019l Monte\u00a0\u00bb (1971), \u00ab\u00a0Sentido\u00a0\u00bb (1973), \u00ab\u00a0Sun of Latin Music\u00a0\u00bb (1974), \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb (1975). Il se paye le luxe de remporter les deux premiers Grammy latino face \u00e0 un r\u00e9giment de productions Fania en pleine explosion salsa. La s\u00e9lection du \u00ab\u00a0Jazz et la salsa\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Justicia\u00a0\u00bb (tout comme \u00ab\u00a0Superimposition\u00a0\u00bb sorti dans la foul\u00e9e) adopte un sch\u00e9ma bien particulier\u00a0: face A\u00a0: salsa dura\/face B\u00a0: latin-jazz. Les pistes de plus de six minutes ne sont pas rares (ce sera le cas du morceau titre de l\u2019album suivant, ), pouvant d\u00e9passer les onze minutes comme Depuis la fin des ann\u00e9es 60, les revendications sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans les quartiers latinos, East Harlem et South Bronx. C\u2019est le temps des \u00ab\u00a0Young Lords\u00a0\u00bb, pendant portoricain des \u00ab\u00a0Black Panther\u00a0\u00bb. Le titre r\u00e9clame justice pour les noirs et latinos dans un final explosif. Palmieri met sa musique au service de son engagement politique, pr\u00e9figurant ce qu\u2019on appellera plus tard la . \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb Pour appr\u00e9cier le son urbain tel que d\u00e9crit, on se penchera l\u2019enregistrement live \u00ab\u00a0In Concert at the University of Puerto Rico\u00a0\u00bb. Captation r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019automne 71 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Puerto Rico en pleine revendications \u00e9tudiantes. On le pr\u00e9f\u00e9rera au c\u00e9l\u00e8bre\u00ab\u00a0Live At Sing Sing\u00a0\u00bb pour multiples raisons. Il est plus repr\u00e9sentatif de la production de l\u2019\u00e9poque avec tous les tubes du moment\u00a0: , , , , . Palmieri s\u2019entoure de nombreux invit\u00e9s dont son fr\u00e8re Charlie \u00e0 l\u2019orgue. Si la prise de son d\u2019\u00e9poque ne permet pas l\u2019\u00e9coute la plus confortable (une version remastered sortira en\u00a02025), elle rend compte de l\u2019ambiance torride et d\u2019improvisations sans limites. \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb On termine le premier volet de notre panorama avec \u00ab\u00a0Unfinished Masterpiece\u00a0\u00bb Le 33\u00a0t doit son titre aux divergences artistiques et marketing qui mirent fin \u00e0 la collaboration de Palmieri avec la maison de disque Coco. Le disque est criant de maturit\u00e9 (et ce n\u2019est pas faire un outrage aux enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9j\u00e0 des bijoux). Chaque titre est un voyage de musicalit\u00e9 et d\u2019inventivit\u00e9. Une musique dansante avec la libert\u00e9 du latin-jazz. Avant de tenter de dresser un pont avec l\u2019album suivant, op\u00e9rons un l\u00e9ger flash-back. \u00ab\u00a0Harlem River Drive\u00a0\u00bb En\u00a01971, Eddie Palmieri s\u2019aventure dans le registre de la soul en montant le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb avec son fr\u00e8re Charlie et d\u2019autres comme le saxophoniste Ronnie Cuber et le parolier Calvin \u00ab\u00a0Snookie\u00a0\u00bb Clash. Cuber fait appel \u00e0 des pointures de la sc\u00e8ne rhythm and blues (ils ont travaill\u00e9 notamment avec Aretha Franklin) et Snookie se charge des textes \u00e0 forte charge sociale. Bijou latin-soul, le disque deviendra culte. Le \u00ab\u00a0Harlem Drive River\u00a0\u00bb se produira dans un concert mythique \u00e0 la prison de Sing Sing. \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Voil\u00e0 qui nous conduit \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre voyage musical\u00a0: \u00ab\u00a0Lucum\u00ed, Macumba, Voodoo\u00a0\u00bb Palmieri poursuit l\u2019exploration des musiques noires en nous entrainant cette fois vers des sonorit\u00e9s disco tout en plongeant ses racines dans l\u2019Afro-Cubain via l\u2019utilisation des rythmes et chants religieux. Le disque est un \u00e9chec commercial cuisant qui marquera l\u2019arr\u00eat de sa collaboration avec Epic. Il nous reste une p\u00e9pite red\u00e9couverte par les \u00ab\u00a0diggers\u00a0\u00bb, notamment depuis son remix en\u00a02011\u00a0par le DJ Joe Claussell. Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec les maisons de disques, la carri\u00e8re d\u2019Eddie Palmieri conna\u00eetra de nombreux rebondissements. Mais ceci est une autre histoire. (1969, Tico) (Coco, 1971) (Coco, 1975) (Roulette, 1971) (Epic, 1978) Yannick Le Maintec S\u2019abonner Contribuer R\u00e9utiliser ce contenu","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/#primaryimage","url":"https:\/\/vof-news.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/26c42c8_upload-1-pkfwxorzwjho-top5-1.jpg","contentUrl":"https:\/\/vof-news.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/26c42c8_upload-1-pkfwxorzwjho-top5-1.jpg","width":664,"height":498},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/5-albums-essentiels-deddie-palmieri\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"5 albums essentiels d\u2019Eddie Palmieri"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/#website","url":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/","name":"vof-news.eu","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/#\/schema\/person\/f6a2a4309f0561835797fd8c19b333ed","name":"Author","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/b67e614b1b25b3e9c0c239efdd2fde5ab015b5affd6f1c3c85911ca4b384e790?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/b67e614b1b25b3e9c0c239efdd2fde5ab015b5affd6f1c3c85911ca4b384e790?s=96&d=mm&r=g","caption":"Author"},"sameAs":["http:\/\/vof-news.eu"],"url":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/author\/zwt6qxnjulxbnyg\/"}]}},"yoast_meta":{"yoast_wpseo_title":"","yoast_wpseo_metadesc":"","yoast_wpseo_canonical":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269024","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=269024"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269024\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":269031,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269024\/revisions\/269031"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/269025"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=269024"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=269024"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vof-news.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=269024"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}