Le 15 janvier, l’intervention, lors des débats budgétaires à l’Assemblée nationale, de Frédéric-Pierre Vos, élu du Rassemblement national (RN), a suscité un tollé. S’exprimant contre un amendement visant à modifier le pacte Dutreil, qui encadre la transmission des entreprises familiales, le député de l’Oise a invoqué la Déclaration universelle des droits de l’homme, avant de déclarer :
Tout est faux et injure à l’histoire, dans cette déclaration pour laquelle il est difficile de plaider l’erreur individuelle et involontaire. Le représentant de la nation défigure un génocide, celui perpétré contre la minorité tutsi du Rwanda par le régime extrémiste hutu, du 7 avril au 17 juillet 1994, après une phase intense de préparation organisée de l’extermination. En ne nommant pas le génocide, en inversant ses victimes et ses bourreaux, Frédéric-Pierre Vos le transforme en des massacres interethniques où Hutu et Tutsi, telles des tribus sauvages, s’autodétruiraient.
Les dirigeants du RN sont coutumiers du fait : ils dévoient régulièrement l’histoire. A l’instar de Jordan Bardella, ironisant à deux reprises sur le résistant français Jean Moulin . D’abord le 27 juin 2024, en pleine campagne des législatives, quant aux mises en garde du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, sur les risques d’une victoire du RN il répond : Puis le 25 novembre 2025, lorsque, enfariné par un lycéen à Vesoul, il lance :
Autre exemple : il a osé instrumentaliser l’historien médiéviste et résistant Marc Bloch , en octobre 2025, qu’il cite dans une lettre adressée au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez – alors que plusieurs fondateurs du Front national furent partisans de la collaboration avec le nazisme. Tout est permis avec le RN, y compris, maintenant, les pires insultes contre 1 million de morts tutsi.
Il vous reste 69.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.