Théâtre : Julie Deliquet ouvre le Printemps des comédiens par le fracas d’une guerre vécue et racontée par les femmes

Rafales de mitraillettes, chairs déchiquetées, craquement des os, odeur du sang : lorsque le théâtre adopte le visage de la guerre, il n’a besoin ni d’images ni de sons. Juste des mots. Ils sont assez puissants pour que le cauchemar prenne corps. L’ouverture du Printemps des comédiens, à Montpellier, vendredi 30 mai, s’est accomplie sur un geste artistique radical. Celui de la metteuse en scène Julie Deliquet qui a marqué les esprits avec un spectacle sans complaisance inscrit dans la droite ligne de son lien esthétique et éthique au théâtre. En adaptant et en mettant en scène , de Svetlana Alexievitch (Presses de la Renaissance, 2004), la directrice du Théâtre Gérard-Philipe à Saint-Denis livre un de ces uppercuts salutaires dont le public ressort sonné, mais grandi.

Publié en 1985, ce recueil de témoignages est le fruit de sept années d’entretiens menés par la romancière biélorusse. Lauréate du prix Nobel de littérature 2015 pour l’ensemble de son , elle a, dès 1975, tendu son micro aux femmes russes parties combattre l’ennemi nazi lors de la seconde guerre mondiale.

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