« S’indigner que Charlotte Gainsbourg incarne à l’écran Gisèle Halimi, c’est nier le métier d’actrice et les enjeux d’un biopic »

Voilà dix jours que la polémique ne faiblit pas. L’actrice Charlotte Gainsbourg, qui s’affiche en défenseuse d’Israël, est-elle digne d’interpréter dans un film l’avocate Gisèle Halimi, morte en 2020, qui défendait la cause palestinienne ? Beau sujet de débat si les deux camps dialoguaient. Non, bien sûr, ils s’envoient au visage des noms d’oiseaux.

La question est théorique au sens où le biopic , de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, mettant l’accent sur la militante pour l’IVG, est déjà tourné ; il sortira en 2026. Elle se pose depuis que le nom de Charlotte Gainsbourg figure parmi une vingtaine de personnalités, dont Bernard-Henri Lévy, Alain Minc, Joann Sfar ou Philippe Torreton, ayant signé une tribune dans le 19 septembre, demandant à Emmanuel Macron de conditionner la reconnaissance d’un Etat palestinien à et au – sinon ce serait

Ce texte indigne la gauche radicale, notamment la députée européenne Rima Hassan (LFI), et enflamme les réseaux sociaux, tandis qu’une pétition en ligne dénonce une de Gisèle Halimi par Charlotte Gainsbourg. L’un des fils de l’avocate, Serge Halimi, ancien directeur du , ajoute dans que sa mère . L’actrice ne s’est pas encore exprimée.

Chacun pense ce qu’il veut du texte dans . Chacun pense ce qu’il veut de Charlotte Gainsbourg. On pourra ne pas voir le film à cause d’elle ou le voir pour elle. On pourra saluer son interprétation ou la trouver médiocre. Mais, franchement, comme l’écrit notre confrère Luc Le Vaillant dans sa chronique le 29 septembre pour , toute actrice a le droit à , publique et privée. Ou alors c’est nier l’essence même de son métier et la portée des mots interprétation et représentation.

Exercice délicat

Cette position est celle de l’avocat Jean-Yves Halimi, autre fils de Gisèle Halimi, qui, le 26 septembre, constate que, si les convictions de Charlotte Gainsbourg sont de celles de sa mère, . Et puis faire parler les morts est un exercice délicat, que nombre d’héritiers d’artistes (pas tous) manient avec l’obsession de bien faire, de magnifier papa ou maman, au point parfois de s’ériger en gardiens d’un temple dont ils estiment être les seuls à posséder la clé.

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