Quand la danse sort du cadre

Les s’évanouissent dans la pénombre. Dans la salle ovale du Musée de l’Orangerie, à Paris, les panneaux aquatiques réalisés par Monet à la fin de sa vie, entre 1890 et 1926, se dissolvent en une nuée cosmique dont on ne perçoit plus les contours. Ils enveloppent une silhouette sombre, étrange et surdimensionnée qui semble s’extraire de l’environnement pour vivre sa vie. Deux ombres en émergent qui retournent bientôt se fondre dans la nébuleuse ambiante.

Cette performance intitulée , dansée et imaginée par Dalila Belaza avec Aragorn Boulanger, était à l’affiche, lundi 14 octobre, du cycle chorégraphique « Danse dans les Nymphéas » Devant un public assis en demi-cercle sur des coussins, le rituel de métamorphose proposé par Belaza s’auréole de solennité. Le défi de se mesurer au chef-d’œuvre de Monet tapissant les murs courbes était ici presque gommé. Nymphéas, explique Dalila Belaza.

Ce fondu au noir est effectivement une première dans le cadre de cette opération lancée en 2018 qui a vu défiler des stars comme Carolyn Carlson, la Canadienne Marie Chouinard, habituée des musées au Canada et aux Etats-Unis, ou encore l’Israélienne Sharon Eyal. , glisse Isabelle Danto, programmatrice. .

Challenge excitant

Ce rendez-vous à l’Orangerie, très couru par le public, prend place dans un agenda muséal, en France comme à l’étranger, de plus en plus blindé par des pièces chorégraphiques en tout genre. D’Orsay au Louvre en passant par le Centre Pompidou, à Paris, de la Tate Modern, à Londres, au MoMA, à New York, qui possède, par ailleurs, un département dévolu à la performance et à la danse, la programmation de spectacles fait désormais partie de la routine et prend de l’ampleur depuis une dizaine d’années. , explique Isabelle Danto.

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