« L’effet chaleur est tellement intense qu’arroser, même la nuit, ne sert strictement à rien. » Directeur général du Groupement des producteurs de légumes de la Manche (GPLM), Cédrick Gallot exprime le découragement de ses adhérents. Les vagues de chaleur qui se sont succédé depuis le mois de mai ont anéanti une grande partie des récoltes des maraîchers du département, peu habitués à ces conditions extrêmes et donc peu équipés en systèmes d’irrigation.
Pour la carotte, l’un des légumes phares des maraîchers du mont Saint-Michel et de la presqu’île du Cotentin, avec une production de près de 25 000 tonnes par an, la récolte a chuté de 30 % cet été. Les températures supérieures à 30 °C, le manque d’eau et le vent chaud ont rendu impossible le développement des plantules.
Pour les salades ou les poireaux, ces mêmes conditions n’ont pas permis aux jeunes plants de reprendre correctement leur croissance une fois repiqués en pleine terre. Les légumes sont aussi prématurément montés en graine – la plante stoppe sa croissance végétative pour fleurir et se reproduire au plus vite – ce qui les rend durs, amers, et donc invendables. Les sols secs et durs compliquent même l’arrachage des pommes de terre. « On fera le bilan définitif début septembre, mais, à ce stade, on aura une perte de production à deux chiffres pour toutes nos variétés de légumes », prédit Cédrick Gallot.
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