Après un refus d’Edouard Philippe dimanche soir, Gabriel Attal, candidat de Renaissance à l’élection présidentielle, a estimé, lundi 2 novembre, dans la matinale de TF1, qu’une primaire du centre et de la droite était « inéluctable ».
« Ça prend peut-être un peu plus de temps pour certains de se rendre compte finalement de ce qui est en train de se passer dans le pays et dans la politique française, a commenté l’ancien premier ministre. Mais à la fin, je crois que cette primaire, elle aura lieu et je crois que c’est inéluctable. » Pour M. Attal, il s’agit de « rassembler » afin d’éviter un second tour de l’élection entre Marine Le Pen (Rassemblement national) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), qui ne créerait que « plus de divisions (…), plus de problèmes pour le pays ».
Opposé depuis des mois à ce mode de départage, Edouard Philippe (Horizons) a réaffirmé sa position dimanche, quelques jours après la proposition lancée par son concurrent, y voyant « une primaire de la division » et de la « confusion ». Au journal télévisé de TF1, il a invité ses rivaux à prendre leurs « responsabilités » au mois de février, laissant entendre qu’il le ferait lui-même. « Si les Français ont décidément envie de passer à autre chose. Eh bien, écoutez, j’en tirerai les conséquences », a assuré le maire du Havre.
« La division, ce n’est pas la primaire », lui a répondu Gabriel Attal lundi, « la division, c’est d’arriver à cinq au premier tour » de la présidentielle. « Le cataclysme que constituerait ce deuxième tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen est bien plus grave que des différences qui peuvent exister entre moi et d’autres candidats », a-t-il ajouté.
« Le rassemblement doit se faire dans une cohérence de projet »
Selon lui, « les désistements et les négociations de désistement en arrière-boutique » sont « ce qui dégoûte les Français ». D’autant, a-t-il précisé, que quand un candidat est testé seul dans les sondages dans l’immédiat, « il n’est même pas au deuxième tour, que ce soit Edouard Philippe ou que ce soit moi ». Pour M. Attal, le centre et la droite ont ainsi jusqu’au début de l’année pour se décider, même si « le plus tôt sera le mieux parce qu’on voit que l’absence de méthode pour sélectionner un candidat crée cette situation de confusion et de division ».
Par ailleurs, la primaire permettrait, selon l’ancien premier ministre, d’« avoir un vrai débat sur le fond, sur les idées ». « La primaire permet de rassembler autour de grands projets, (…) de parler aux Français de leurs problèmes du quotidien : de l’école, des salaires, des frontières, de l’innovation et de l’intelligence artificielle ». Il a ainsi cité plusieurs personnes avec lesquelles il pensait partager ces « valeurs » et qui pourraient participer à la primaire, dont le président du Sénat, Gérard Larcher, et Christine Lagarde, qui a annoncé son départ de la Banque centrale européenne.
« On ne peut pas aller de la gauche de Raphaël Glucksmann à ceux qui tendraient la main à Eric Ciotti, parce que ça ne correspond pas à ce que pense au fond de lui Edouard Philippe », a précisé lundi matin, sur Franceinfo, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement et soutien de M. Philippe. « Le rassemblement doit se faire dans une cohérence de projets », a-t-elle dit, précisant que le maire du Havre voulait « rassembler la droite, qui n’a aucune compromission avec le Rassemblement national, et le centre ».
Le patron du Modem, François Bayrou, et le président de l’Association des maires de France, David Lisnard, appellent également à l’organisation d’une primaire du centre et de la droite. Le candidat Les Républicains, Bruno Retailleau, n’y est pas défavorable, mais il met des conditions sur le périmètre.