Après des mois de polémiques et de revers législatifs, le gouvernement cherche à s’emparer, en ordre dispersé, d’un sujet qu’il a longtemps relégué : la lutte contre le racisme. D’un côté, Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, prépare un projet de loi de « cohésion républicaine pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme », sans que personne ne soit au courant des détails du texte.
De l’autre, Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, lance des assises nationales de lutte contre les actes antireligieux, sans que les conclusions de ces travaux puissent nourrir le projet de la première. Question de « mauvais » timing : Aurore Bergé veut aller vite, trop pour Laurent Nuñez, dont les assises viennent à peine de démarrer : le groupe de travail national s’est réuni pour la première fois à la mi-mai, des groupes territoriaux devraient se lancer prochainement.
Entre ces deux initiatives, la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), chargée de coordonner les politiques publiques de l’Etat sur ces questions, concocte un nouveau plan d’action pour les trois prochaines années, le Prado (plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine). Et ce alors même que l’organisme public est en pleine période de transition dans sa gouvernance : l’ancien délégué, Mathias Ott, a discrètement quitté ses fonctions fin avril et cédé sa place à la militante antiraciste Cindy Leoni, ancienne présidente de SOS Racisme (2012-2014) et membre fondateur du Printemps républicain avant de s’en éloigner. Elle a pris ses fonctions début mai.
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