Culture

Le Festival d’Avignon fait venir des pépites sombres de Corée du Sud

Le Festival d’Avignon fait venir des pépites sombres de Corée du Sud

Elle attaque le plateau comme si elle rentrait à la maison. Décontractée, tranquille, elle fonce vers le joueur de tambour qui l’attend. Hello, hello, salut, salut ! Et c’est parti tout sourire. Lee Jaram, star dans son pays, experte en pansori, ce blues chanté-parlé ancestral toujours apprécié des Coréens, n’attend pas une minute pour nous mettre vite fait dans l’une des poches de sa veste noire, juste à côté de celle où elle glisse parfois son éventail. Et l’on y reste lové-scotché pendant deux heures, sous le charme de son talent sidérant.

Quel régal que sa version hautement singulière de la nouvelle de Tolstoï Maître et serviteur ! De ce récit social tragique, écrit en 1895 par l’écrivain russe, Jaram, figure de premier plan du renouvellement du pansori, également à la tête d’un groupe de rock, extrait la matière à suspense d’une fable subtilement morale sur l’humanité. Créé en 2025, ce spectacle intitulé Neige, neige, neige, qui secoue le répertoire classique coréen du pansori, lui a été soufflé par un ami français, Denis, qu’elle voit régulièrement à Paris. A l’affiche, le 23 mai, du Seongnam Arts Center, dans la banlieue résidentielle de Séoul, le spectacle, qui fait cousiner cette performance entre chant, théâtre et mime avec le show et même le stand-up, a rallié un public intergénérationnel plus que réactif à son adresse directe.

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