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« Je manifeste pour qu’on puisse manifester » : la mobilisation du 31 octobre, des cortèges festifs et déterminés corsetés par les dispositifs de sécurité

« Je manifeste pour qu’on puisse manifester » : la mobilisation du 31 octobre, des cortèges festifs et déterminés corsetés par les dispositifs de sécurité

En théorie, il fallait s’attendre au pire. A en croire les mots d’ordre lancés sur les réseaux sociaux, la troisième journée de manifestation, samedi 31 octobre, pour « le pouvoir d’achat et la défense des services publics », à l’appel d’anciens « gilets jaunes », de syndicats, lycéens et étudiants, inspirée par le thème d’Halloween, devait être dantesque et s’achever sur une « nuit des ténèbres ». Rien de tout cela n’est advenu, ni au propre, ni au figuré, et pas même pour rire.

A travers la France, des cortèges rassemblant environ un demi-million de personnes selon les organisateurs (320 000 selon les autorités) ont défilé dans un calme notable, mais avec détermination. Ceci malgré la dramatisation en écho des réseaux sociaux et des pouvoirs publics, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez ayant affirmé dans la semaine s’attendre à une « journée à haut risque » et alertant sur de « nombreux appels à commettre des pillages », qui justifiaient un dispositif des forces de l’ordre « reconduit et amplifié ».

Lorsque, dans le courant de la journée, le fantasme des violences incontrôlables s’est dégonflé, la réalité est apparue, sobre et sèche : la mobilisation reste forte, malgré les craintes, malgré l’usure. Les manifestants demeurent concentrés sur leurs revendications initiales, semaine après semaine, de plus en plus préoccupés néanmoins par les entraves et les intimidations des pouvoirs publics. Quant à la « nuit des ténèbres », elle n’aura été marquée que par divers affrontements en début de soirée.

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