Politique

Eric Zemmour : l’Arcom saisit la justice après des propos du polémiste d’extrême droite prononcés le lendemain de la mobilisation du 17 octobre

Eric Zemmour : l’Arcom saisit la justice après des propos du polémiste d’extrême droite prononcés le lendemain de la mobilisation du 17 octobre

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a annoncé, mardi 3 novembre, avoir saisi la justice, à la suite de propos du polémiste d’extrême droite Eric Zemmour, possible candidat Reconquête ! à l’élection présidentielle de 2027, prononcés sur LCI, BFM-TV et CNews au lendemain de la journée de mobilisation du 17 octobre, et considérés comme appelant à la discrimination.

« En tant qu’autorité publique, nous pouvons être conduits à signaler aux procureurs de la République des propos lorsqu’ils nous paraissent être attentatoires par exemple aux lois en matière d’appel à la discrimination, a déclaré sur France Inter le président de l’autorité régulatrice, Martin Ajdari. Cela a été fait par les services de l’Arcom la semaine dernière au sujet de propos tenus sur différentes antennes. » Une telle saisine, « ce n’est pas inédit mais c’est relativement rare », a également souligné Martin Ajdari.

Le 18 octobre, Eric Zemmour a évoqué sur LCI « des hordes de barbares maghrébins et africains qui rentrent dans les villes », sur BFM-TV des « racailles arabo-musulmanes », et sur CNews – dont une pétition appelant à fermer la chaîne a dépassé les 600 000 signatures, lundi, ouvrant la voie à un débat à l’Assemblée nationale – a appelé à « la “remigration” » des pillards, c’est-à-dire l’expulsion des personnes étrangères.

Sans citer ces passages, Martin Ajdari a affirmé que leur « répétition » ainsi que leur « proximité sur différentes antennes » avaient « justifié » une saisine de la justice. « La loi ne nous donne pas la compétence d’interdire à l’avance tel ou tel invité » mais « la responsabilité des chaînes de télévision et de radio est d’assurer la maîtrise de l’antenne », a souligné le dirigeant. C’est-à-dire que quand des propos « dépassent le cadre de la loi, il appartient aux chaînes de contredire, nuancer » ces propos.

En outre, « les propos tenus par les personnes peuvent engager leur responsabilité individuelle, pénale », ce qui est le cas potentiellement d’Eric Zemmour, déjà condamné dans le passé pour incitation à la discrimination, à la haine ou à l’injure raciale.

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