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Attentat raciste à Trappes : Kévin T., poursuivi pour assassinat terroriste, a déclaré que la ville était un « repaire d’islamistes » pour justifier ses actes, selon le parquet

Attentat raciste à Trappes : Kévin T., poursuivi pour assassinat terroriste, a déclaré que la ville était un « repaire d’islamistes » pour justifier ses actes, selon le parquet

Kévin T., le suspect de l’attentat raciste à Trappes, qui a tué Pengo Bossio Wangi et blessé sept autres personnes a reconnu en garde à vue avoir ciblé des personnes “de types musulman ou africain nord-africains”, et ciblé Trappes car il s’agissait selon lui d’un “repaire d’islamistes”, a annoncé le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, lors d’une conférence de presse, jeudi 29 octobre.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert, jeudi, une information judiciaire des chefs d’« assassinat et tentative d’assassinat en relation avec l’entreprise terroriste, commis en raison de l’appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée », de « tentative de destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en relation avec une entreprise terroriste ».

En garde à vue, Kevin T. « reconnaissait toujours la matérialité de cette action criminelle, précisant avoir tiré en mode rafale », mais « reconnaissait désormais la préméditation de ces faits ». Il admettait aussi « avoir spécifiquement ciblé des personnes, je cite, “de types musulman ou africain nord-africain”, et choisit le lieu de son action, car, je cite à nouveau, “Trappes est un repaire d’islamistes” », a continué le procureur. Le suspect de 39 ans a en revanche contesté « toute intention terroriste, considérant son action comme légitime », et déclaré « n’éprouver aucun regret ». Lundi, Kévin T. démentait encore « le caractère raciste de ses crimes ».

La perquisition réalisée au domicile de Kevin T. « a mené notamment la découverte d’armes ou d’éléments d’armes, soit notamment un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux, de plusieurs livres dont un coran, une bible ainsi que Mein Kampf », mais aussi « d’autocollants rangés dans un tiroir, soit trente supportant la mention “Vive la France, RN, fiers d’être français”, 99 portants la mention “100 % français. Vive la France” et 98 avec l’inscription “Soutien aux forces de l’ordre” ».

Kévin T. est aussi visé des chefs d’« acquisition, transport et détention non autorisée de matériel de guerre, armes, munitions et de leurs éléments de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », et d’« association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes ».

Des autocollants « RN » trouvés dans un tiroir

Vendredi matin, à bord de sa voiture, cet habitant des Yvelines, inconnu des services de renseignement, a abattu un Français de 26 ans originaire de République démocratique du Congo, Pengo Bossio Wangi, et a blessé sept autres personnes, dont plusieurs d’origine africaine ou maghrébine, à Trappes et La Verrière, en banlieue parisienne.

Trois victimes étaient toujours hospitalisées, jeudi. Le pronostic vital de l’une d’entre elles est toujours engagé, selon le procureur. Celui de la petite fille de 11 ans, grièvement blessée, n’est plus engagé depuis dimanche. M. Christen a précisé que « 111 victimes ou témoins » avaient été entendus, « 370 scellés » constitués et « 74 téraoctets de vidéos » saisis. « À ce stade, partiellement analysées, ces investigations auront mobilisé plus de 200 personnes », a-t-il précisé.

Les analyses réalisées sur Kévin T. ont révélé « la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang » au moment de l’attaque, d’après le PNAT, qui a précisé que son casier judiciaire faisait apparaître quatre anciennes condamnations, la dernière en 2012. Avant son périple sanglant, Kévin T. a piégé son appartement à Plaisir (Yvelines) avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur. Un dispositif « de nature à détruire l’appartement et à endommager les appartements adjacents », selon Olivier Christen.

Dans sa Renault Clio, ont été découverts « un pistolet-mitrailleur de marque Sten, calibre 9 mm, ainsi que plusieurs éléments d’armes et de munitions, en particulier des chargeurs et un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes, un brassard Police », avait-il détaillé.

Un « racisme d’atmosphère »

Sa garde à vue a repris lundi après-midi après avoir été interrompue pour raison psychiatrique, à l’issue d’un examen réalisé samedi soir. Le nouvel examen psychiatrique mené lundi a montré que « Kévin T. ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë, ni de signes directs ou indirects en faveur d’une activité hallucinatoire ou délirante », selon M. Christen.

L’attentat a créé une onde de choc en France. Plusieurs rassemblements ont eu lieu depuis samedi, en région parisienne notamment, en soutien aux victimes et pour « dénoncer la banalisation de la haine raciste ». En outre, un « hommage national », présidé par le premier ministre, Sébastien Lecornu, sera rendu prochainement.

« Puisse la force de cet hommage de la Nation conduire notre pays à retrouver le chemin de la concorde », a souhaité le maire de Trappes, Ali Rabeh. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé lundi que Kévin T. « était mû par la haine, le racisme, et il a tué pour ça », dénonçant « un attentat terroriste raciste ».

« Que l’auteur présumé conteste le caractère raciste de ses crimes n’y change rien. Ce sont bien des personnes choisies pour leur origine réelle ou supposée qui ont été visées », a souligné Me Zineb Alami, l’avocate du père de Pengo Bossio Wangi, dénonçant « l’idéologie qui a armé ce bras ».

Interrogé, mercredi, sur la chaîne YouTube HugoDécrypte à propos des responsables d’un climat parfois raciste qui a pu favoriser cet attentat, le chef de l’État, Emmanuel Macron, a évoqué « un racisme d’atmosphère » et estimé qu’il y avait « des mouvements politiques qui ont laissé s’installer cela à l’extrême droite », citant le Rassemblement national et « ceux qui leur sont proches ». Le RN a répondu, jeudi, par la voix de son député Jean-Philippe Tanguy, que le président, « très problématique », était responsable d’avoir laissé prospérer « des idéologies haineuses ».

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