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Attentat raciste de Trappes : 30 victimes ont été identifiées, selon le procureur national antiterroriste

Attentat raciste de Trappes : 30 victimes ont été identifiées, selon le procureur national antiterroriste

Olivier Christen, procureur national antiterroriste, est revenu, mardi 3 novembre, au micro de RTL, sur l’attentat raciste qui a fait un mort et sept blessés, dont quatre graves, vendredi 23 octobre, dans les Yvelines. Selon lui, il y aurait eu en tout 30 victimes, en comptant les 22 personnes qui « n’ont pas été atteintes physiquement, soit parce que leur véhicule a été touché par des balles, soit parce qu’elles ont été visées sans être atteintes, ce qui crée évidemment un trouble psychologique ».

Le procureur est revenu sur le profil du suspect de l’attentat, Kevin T., qui a été mis en examen, jeudi 29 octobre. « C’est quelqu’un qui avait largement préparé, prémédité les faits, probablement depuis la fin de l’été, début septembre », a-t-il détaillé, mentionnant « des cibles très choisies et une relative froideur ». « En revanche, il ne ressort pas de la procédure qu’il était prêt à mourir dans l’action », a ajouté le procureur, précisant qu’« il s’est rendu aux forces de l’ordre de façon tout à fait apaisée ».

Mediapart a publié des images qui montrent Kevin T. en train de s’entraîner au tir dès 2015, avec un fusil à pompe, sur un terrain vague à Saint-Cyr. Néanmoins, M. Christen ne considère pas que le Parquet national antiterroriste (PNAT) soit « passé à côté de quelque chose ». « Je n’ai pas d’éléments qui nous permettent de penser cela », a-t-il répondu au journaliste, ajoutant : « Le seul fait que quelqu’un soit adhérent d’un club sportif ou [s’adonne au] ball-trap ne suffit pas en soi [à l’identifier comme un risque] ». D’autant plus, précise le procureur, qu’il n’était « légalement » pas détenteur d’une arme à feu, celle qui a été identifiée chez lui ayant été achetée « clandestinement ».

« Infiltrer les gauchistes »

Interrogé sur les 30 autocollants portant la mention « Vive la France, RN [Rassemblement national], fier d’être français », confectionnés par Kevin T. et trouvés, avec d’autres documents tout aussi explicites, à son domicile, le procureur précise : « [Le suspect] indique n’être sympathisant d’aucun parti politique et de n’avoir adhéré à aucun parti politique ». Par ailleurs, s’il a été photographié lors d’un rassemblement propalestinien en 2018, Kevin T. affirme qu’il souhaitait alors « infiltrer les gauchistes », a déclaré le procureur, citant les mots utilisés par le suspect.

La terminologie employée par le PNAT pour qualifier ce type de profils, c’est « l’utradroite radicale et violente », décline le procureur. « C’est pour faire clairement la part des choses entre ceux qui sont des partisans d’une idéologie politique, de quelque segment qu’elle soit, et ceux qui se radicalisent dans une idéologie, et au-delà même de la radicalité, qui vont considérer que la seule façon de porter leur idéologie est de passer à la violence contre les personnes », précise-t-il.

M. Christen indique que nombre de procédures liées à l’ultradroite sont en croissance depuis « quelques années » : « Nous avions une à deux procédures ouvertes par an il y a six ou sept ans, il y en a eu six en 2025, six pour l’instant en 2026. » Depuis la création du PNAT en juillet 2019, ce sont 23 procédures qui ont été ouvertes en la matière pendant toute la période, contre sept pour l’ultragauche et 481 pour le djihadisme, sur un total de 681 procédures.

L’élection présidentielle française de 2027 est-elle menacée par ces attaques ? « Il n’y a pas, dans ce qui est détecté, un ciblage spécifique des élections », rassure le procureur, ajoutant toutefois : « Il y a un climat [politique] qui crée une tension. Et cela peut créer une situation générale qui peut amener certaines personnes à se dire que c’est le bon moment pour passer à l’acte. »

« Nous sommes préoccupés, conclut le procureur. Nous le sommes de façon assez continue depuis quelques années maintenant. »

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