Chroniques de guerre

Alexandra de Hoop Scheffer, politiste : « Les Etats-Unis sont dans une logique de saturation stratégique »

Alexandra de Hoop Scheffer, politiste : « Les Etats-Unis sont dans une logique de saturation stratégique »

Organisé à Ankara les 7 et 8 juillet, le sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) interviendra dans un contexte tendu entre les Etats-Unis et les alliés européens, sur fond de guerre en Iran et en Ukraine. Présidente de l’organisation German Marshall Fund, très engagée dans les relations transatlantiques, Alexandra de Hoop Scheffer détaille la stratégie de retrait américaine de la sécurité du continent.

En juin 2025, au sommet de l’OTAN à La Haye (Pays-Bas), les Etats membres s’étaient engagés à porter leurs dépenses de sécurité à 5 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2035. Mais la relation transatlantique n’a cessé de s’envenimer, notamment en raison des prétentions américaines au Groenland et de la guerre en Iran…

Nous assistons à une renégociation du contrat transatlantique. Washington envoie un message clair aux Européens : le temps du partage du fardeau est révolu, place au transfert du fardeau. Un an après l’objectif des 5 %, l’administration Trump juge les progrès insuffisants. Certes, les alliés européens et le Canada ont accru leurs dépenses de défense de 20 % en termes réels en 2025, atteignant 574 milliards de dollars [environ 504 milliards d’euros]. Tous respectent désormais le seuil des 2 % du PIB, mais la Maison Blanche presse l’Europe d’accélérer.

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