L’avocat de Marine Le Pen avait prévenu la cour d’appel, s’il en était besoin : « Vous avez l’obligation de prendre en compte un calendrier politique national, qui rend l’arrêt que vous aurez à prendre vertigineux », avait insisté Mᵉ Rodolphe Bosselut, le 11 février.
L’enjeu est en effet vertigineux pour l’ancienne présidente (2011-2021) du Rassemblement national (RN), « candidate naturelle » à la présidentielle de 2027 du parti d’extrême droite, qui, pour sa quatrième participation à ce scrutin, bénéficiait d’une confortable avance dans les sondages. La décision que va prendre, mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris, scellera son destin – un acte historique, c’est en effet la première fois que le sort d’un candidat à la magistrature suprême est suspendu à une décision de justice.
Marine Le Pen a été condamnée, le 31 mars 2025, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire immédiatement, indépendamment de son droit de faire appel. Elle a dû abandonner aussitôt son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais. Mais, bien que privée de son droit de vote aux élections, elle a pu rester députée du département en vertu d’une décision du Conseil constitutionnel, qui autorise les parlementaires à terminer leur mandat.
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