C’était un samedi soir comme un autre, Murielle Tombois s’était couchée de bonne heure. Le lendemain matin, coup d’œil rapide sur les réseaux sociaux, avec le premier café : surgissent alors sur son téléphone des images d’un hôtel de ville incendié. Puis des vidéos de magasins pillés, des scènes d’émeute, des barrages enflammés.
Ça se passait, ce 17 octobre, à Limoges ou à Paris, à des centaines de kilomètres de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, où Murielle Tombois tient une agence immobilière. Mais, avec l’émotion, il lui semble que ça arrive ici, à quelques pas de chez elle. Première pensée pour son père, ouvrier dans une fonderie, qui se protégeait dans les années 1960 avec un nerf de bœuf. Puis elle voit l’agence qu’elle fait tourner depuis vingt-neuf ans, ses engagements dans plusieurs associations humanitaires. En fait, la situation était restée calme dans sa ville. Mais jusqu’à quand ? « Et si des racailles en marge des manifestations entraient dans l’agence pour me menacer ? » Pas question de baisser la tête, elle se défendra.
Une semaine plus tard, nouvelle bouffée de stress. Un homme a tiré en pleine rue à Trappes, dans les Yvelines : un mort, cinq blessés, « un attentat raciste », selon Emmanuel Macron. Peu d’informations encore, le suspect aurait dit vouloir venger les commerçants pillés. « Il faut l’enfermer, c’est pas possible », s’exclame Murielle Tombois. Elle se souvient d’une conférence, deux ans plus tôt, où un ancien gendarme annonçait une guerre civile. Elle n’y avait pas cru. « Maintenant, il y a quelque chose qui fout la trouille. »
Violences par écrans interposés
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