On pouvait s’y attendre, les livres et les librairies sont devenus le terrain privilégié de la bataille culturelle qui se joue en France. Depuis quelques mois, une avalanche d’ouvrages politiques, tricotant des récits proches d’un film catastrophe, penchent à droite et surtout à l’extrême droite. Avec, pour ressorts, l’identité et le souverainisme, ils sont les éclaireurs des combats à venir : les municipales en mars, la présidentielle en 2027. Des commentateurs s’évertuent à minimiser le phénomène, ce qui revient à mettre la tête dans le sable, tant une dizaine de ces livres très droitiers atteignent des scores faramineux depuis l’automne 2025 ; et ça continue, nous disent les chiffres de l’institut Edistat. Faramineux, oui, surtout au moment où vendre 10 000 exemplaires tient du miracle.
, de Nicolas Sarkozy, avance vers les 200 000 ventes. Jordan Bardella a sorti deux livres en deux ans cumulant 320 000 copies. On doit au stakhanoviste Philippe de Villiers une quinzaine d’essais en treize ans sur une France en déclin, dont les deux derniers additionnés ( et ) dépassent 400 000 exemplaires. C’est 70 000 pour le dernier opus d’Eric Zemmour (), loin de ses records, mais beaucoup s’en contenteraient.
Le général Pierre de Villiers, comme son frère Philippe, écrit comme on tire à la mitraillette : cinq livres à gros succès en huit ans. On pourrait citer les ouvrages récents de l’avocat Gilles-William Goldnadel (, 2025) et de la journaliste Sonia Mabrouk, 2024), et deux sortis en janvier, l’essai, d’Alexandre Devecchio, journaliste au , sur notre modèle d’intégration en faillite, et , de Nicolas Conquer. La cerise sur le gâteau sera posée, le 28 janvier, par Marion Maréchal qui, dans un essai, s’installe en héritière de son grand-père, Jean-Marie Le Pen.
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