Quatre milliards d’euros pour une partie de billard à trois bandes. C’est la somme colossale que va débourser L’Oréal, au premier semestre 2026, pour acquérir la division beauté de Kering à la suite de la signature d’un partenariat stratégique, annoncé dimanche 19 octobre, qui permettra au groupe de luxe, propriétaire de Gucci, de se désendetter.
Nicolas Hieronimus, directeur général de L’Oréal, numéro un mondial des produits de beauté, a monté un schéma fort ingénieux avec son homologue de Kering, Luca de Meo, entré en fonctions le 15 septembre. Certes, avec ce rachat, le dirigeant met la main sur les parfums Creed, des flacons fort chers dont les ventes annuelles atteignent environ 345 millions d’euros.
En plein essor, le marché de la haute parfumerie aiguise les appétits. Et rares sont encore les marques sur ce segment de prix à être encore indépendantes. Jo Malone appartient à Estée Lauder. Tout comme Tom Ford, racheté pour une valeur d’entreprise de 2,8 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros), en 2022.
L’Oréal étend ainsi sa collection de parfums avec une marque britannique appréciée des fins connaisseurs d’arômes naturels et d’accords subtils. Creed rejoindra sa division luxe, qui pèse 15,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires grâce aux marques Armani, sous licence jusqu’en 2050, Valentino, Prada, Miu Miu, Thierry Mugler, Azzaro et autres Lancôme. Soit. Mais, au fond, l’essentiel de l’opération n’est pas là. Il réside dans la licence Gucci, dont le prix s’élève, selon l’agence Bloomberg, à 1,5 milliard d’euros sur les 4 milliards de l’opération.
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