Difficile de dire si la visite d’Artissima, la foire d’art contemporain de Turin, en Italie, qui tient jusqu’au 3 novembre sa 31e édition, s’apparente à un rêve éveillé, comme le voudrait le thème « The Era of Daydreaming » retenu cette année par son directeur, Luigi Fassi. Mais si rêve il y a, il est à la portée de – presque – toutes les bourses : ce n’est pas ici le terrain de chasse des mastodontes du marché de l’art, habitués des foires Art Basel (Bâle, Miami, Paris) ou Frieze, dans lesquelles des œuvres s’échangent à plusieurs millions de dollars. Le premier jour, les œuvres les plus coûteuses officiellement vendues, des artistes de l’Arte Povera, n’excédaient pas les 150 000 euros, la moyenne des transactions tournant plutôt entre 5 000 et 10 000 euros.
Les prix sont ainsi relativement doux, tant pour les collectionneurs que pour les exposants (à environ 280 euros le m2, la location d’un stand est parmi les moins onéreuses du circuit des foires internationales), et les organisateurs font tout pour attirer les jeunes pousses. ,explique Luigi Fassi.
Le rêve s’adresse donc aussi aux jeunes galeries. A quelques exceptions près (les solides enseignes d’origine italienne Tornabuoni et Continua), c’est une foire qui favorise les petites structures, des galeries de découvertes, voire de tout jeunes débutants, telle la parisienne Hatch – elle présente pour sa première participation une exposition personnelle de la portugaise Maria Appleton – , qui n’a même pas encore d’adresse fixe. Cette fraîcheur est un des ADN d’Artissima. Le revers de la médaille, c’est lorsque la galerie grandit : après quinze ans de fidélité à la foire, le parisien Jocelyn Wolff a ainsi jeté l’éponge. Sa programmation d’origine, si elle a attiré à ses débuts d’importants collectionneurs, ne trouve plus aujourd’hui son public. Sa directrice italienne, Martina Panelli, l’explique ainsi :
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