Une erreur de destinataire. C’est le point de départ du délicieux film indien (2013), de Ritesh Batra, qui offre une plongée dans un réseau tentaculaire de distribution de paniers-repas, essentiel à la pause déjeuner des employés à Bombay. Entre se faire livrer une gamelle au bureau ou des piles en un temps record sur son canapé, il n’y avait qu’un pas à franchir. Le cartonne en Inde. Mais la valeur d’un service pour la société ne peut pas se mesurer seulement à la satisfaction des clients. L’envers du modèle est tout aussi important.
C’est pourquoi le gouvernement indien a demandé aux Blinkit, Instamart et autres Zepto, les rois de l’e-commerce express, d’abandonner leur promesse de livraison en dix minutes, selon une dépêche Boomberg datant du mercredi 14 janvier. Objectif, renforcer la sécurité de millions de livreurs à scooter qui risquent leur vie dans les rues surchargées des grandes métropoles indiennes afin de respecter des délais minutés, déterminant ensuite leur rémunération. De nombreux accidents mortels sont ainsi à déplorer. Pour protester contre cette insécurité, réclamer de meilleures conditions salariales et sociales, 200 000 « travailleurs des apps » avaient fait une grève éclair comme leurs livraisons, le 25 et le 31 décembre 2025.
L’Inde se révèle ainsi un des rares pays où la livraison ultrarapide prospère. En France, après s’être implantées pendant le Covid-19 afin de répondre aux contraintes du confinement, les filiales du turc Getir ou de l’allemand Flink ont mis la clé sous la porte en 2023. Aux Etats-Unis, les échecs se sont multipliés.
Il vous reste 50.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
