Education : « L’orientation ressemble à un bateau ivre »

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Jamais, dans l’histoire déjà séculaire de l’orientation, on n’a assisté à une telle avalanche de rapports, d’articles et de tribunes sur cette question. De France Stratégie au Medef, en passant par la Cour des comptes ou la Défenseure des droits, ces rapports égrènent les mêmes constats et les mêmes préconisations, soulignent l’absence d’une véritable politique publique.

LePlan avenir : l’orientation, pour que l’avenir soit un choix, annoncé par la ministre de l’éducation nationale, Elisabeth Borne, le 5 juin, prétend Il se déploie autour de trois principes : lutter contre toutes les inégalités (territoriales, sociales, de genre…), faciliter l’accès aux dispositifs d’information et d’accompagnement, et accompagner les bacheliers vers l’enseignement supérieur.

Il s’agit sans surprise des trois principes que l’on retrouve dans la plupart des rapports. Le premier concerne l’information, dotée de toutes les vertus. La multiplication des plateformes numériques en est la meilleure illustration, Parcoursup reposant sur l’illusion d’une information exhaustive et transparente.

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Cette croyance dans la vertu intrinsèque de l’information est ancienne. Elle s’est posée dès les années 1920, au moment de l’essor du mouvement d’orientation professionnelle, puis davantage encore à partir des années 1960 face à la massification scolaire dans le premier cycle du secondaire. En 1965, le psychologue Antoine Léon soulignait pourtant que, .

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